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Affichage des articles du juillet, 2012

Concertation, piège à ...

Je tombe par hasard sur un excellent article du "Nouvel Observateur", article du 4 juillet dernier qui conforte ma position de doute -et ce n'est pas peu dire- face à la concertation voulue, initiée, lancée par M. Peillon, nouveau ministre de l’Éducation Nationale et manifestement (il n'aura fallu que deux mois à tous pour le comprendre) grand facteur d'écran de fumée devant l’Éternel!
J'en cite les bonnes lignes, fort bien écrites ma foi par Caroline Brizard, lignes que j'aurais pu pondre moi-même:
A première vue, le procédé est démocratique, et l’intention, louable. (...) Mais les limites de l’exercice surgissent vite : "La consultation risque de faire émerger les mille obstacles qui s’opposent au changement", pointe le sociologue François Dubet. "Prenez l’exemple des rythmes scolaires : on va entendre les chronobiologistes qui défendent au nom du bien de l’enfant un étalement du temps scolaire, les mairies qui disent que c’est cher d’ou…

Quelques chiffres...

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J'ai déjà évoqué dans plusieurs billets la profonde crise de recrutement des enseignants en France, et j'ai déjà donné quelques pistes quant aux raisons profondes d'une désaffection durable.
Un article du Monde, datée du 13 juillet, enfonce le clou:
Une France sans "profs" ? L'image étonne, pour ne pas dire qu'elle révolte. Dans un pays qui depuis 1870 a très largement été fait par les enseignants du primaire et du secondaire, on ne trouverait plus de professeurs ? Dans un pays où le taux de chômage des jeunes dépasse les 22 % de la population active, on manque de candidats au métier d'enseignant ? Dans un pays où la salle de classe a été sacralisée par la littérature et la mythologie nationale, il y aurait une crise des vocations ? Publiés cette semaine, les résultats 2012 du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du deuxième degré, ou Capes, sont sans appel. Il y avait peu de places ouvertes cette année : 4 847 postes à pourvoi…

Directeurs: le nouveau ministre s'en bat les flancs ...

La Commission des Affaires Culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale a auditionné Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, le mercredi 11 juillet.
Le député Frédéric Reiss, auteur en 2010 d’un célèbre rapport -déjà évoqué sur ce blog- sur "le statut des directeurs et le statut des écoles", a interrogé le ministre quant au statut des directeurs d’école.

Manifestement, le nouveau ministre de l’Éducation Nationale se bat parfaitement les flancs (pour rester poli) des directeurs d'école, qui clairement l'indiffèrent au plus haut point. Voici ce qu'il dit:

"Parmi les questions qui sont plus particulières, la question des directeurs d’école reviendra sans cesse. Il y a beaucoup d’écoles en France. Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut.
(...)
Après, si l’on veut évoluer, il faut évoluer dans une réflexion qui est une réflexion quand même de coordination, je sais que c’est très difficile, mais entre le collège…

EVS: pour quoi faire?

Les EVS sont des emplois précaires, destinés aux gens en fin de droits, et consistant en une aide aux directeurs d'école...
Pour quoi faire?
Les EVS sont incompétents, car les EVS ne sont pas formés -c'est le directeur de l'école qui doit s'en charger-... Quand vous changez d'EVS chaque année, merci, le directeur n'a que ça à faire.
Les EVS mettent trois fois plus de temps que le directeur de l'école pour faire ce que pourrait faire le directeur de l'école... s'il en avait le temps! Quand ils arrivent à le faire...
Quand son EVS fait n'importe quoi, engueule les familles ou les adjoints, ou fait peur aux enfants, le directeur ne peut rien y faire, car il n'est pas l'employeur de l'EVS (son employeur, c'est le principal d'un collège quelconque qui n'a jamais vu l'EVS)...
 ...
Je pourrais en écrire cent lignes, tellement les collègues directeurs d'école qui ont eu des EVS en ont vu avec! Bien sûr, il y a eu aussi d…

Recrutements: la pénurie se confirme...

J'avais évoqué il y a quelques jours les difficultés de recrutement d'enseignants. Celles-ci se confirment douloureusement. Le pire est que les solutions sont parfaitement claires et connues! Mais qui osera résoudre le problème? Le nouveau gouvernement? C'est douteux, puisqu'on persiste à confondre les dépenses d'investissement nécessaires dans l'éducation avec des dépenses à fonds perdus. Il n'est pourtant pas besoin d'avoir fait des études d'économie pour le comprendre...

On peut difficilement me faire passer pour un suppôt du syndicalisme. Mais le syndicat SE-Unsa vient de faire paraître une lettre signée de son secrétaire général qui dit peu ou prou la même chose que moi. Je pardonnerai difficilement au SE leur signature en 2006 d'un protocole qui a enfoncé l’Éducation Nationale dans le caca, en entérinant un certain nombre d'inepties, -et ils l'ont payé cher aux élections professionnelles qui ont suivi- mais je dois aujourd'hui…

Directrice, plus directrice...

J'ai trouvé un blog très sympa, très agréable à lire et fort drôle, celui d'une collègue directrice... qui lâche ses fonctions de direction -rien d'original là-dedans, hélas!-. Mais sa vie d'instit', sa vie de directrice et sa vie tout court méritent le détour et la lecture... Le blog s'appelle "Nan mais je rêve... !".
Juste un extrait d'un commentaire, par elle-même, de son dernier billet et de son renoncement à notre si convoitée -oui, c'est ironique- fonction:
Je rends mon tablier, mouhahahaha !!!
Terminé le pigeonnage des heures sup' encore encore encore et encore, en plus de la classe.
Dans la majorité des métiers, les heures sup' donnent droit à une majoration de salaire digne de ce nom, OU à une compensation de repos.
En bref, de temps pour faire le travail qu'il y a à faire !
MAIS dans les écoles de moins de 4 classes, non, les directeurs doivent faire leur taff administratif en + de leur journée de préparation/classe/corre…

Concertation: il n'y a pas que moi qui doute...

Je viens de dénicher sur "le blog de la présidente" de l'association "Reconstruire l'école" un excellent billet qui couvre bien mes propres doutes. Une lecture ironique et salutaire, pour qui veut garder un peu de conscience entre les oreilles!
Un petit extrait:
Tout dépend des réponses qui seront données – et c’est là que  la situation  se corse : en effet,  les autres «questions décisives » sont  «l'amélioration des rythmes scolaires » (en clair, comment faire travailler plus les personnels en ne les payant pas davantage,  tout en  leur demandant de participer eux-mêmes à la destruction de leurs propres statuts) et « le recours à des méthodes de travail renouvelées et aux outils numériques », qui ouvre peu ou prou sur une didactisation gadgétique à l’efficacité aussi mousseuse qu’aléatoire. 
Un autre:
En ce qui concerne les quatre groupes de travail, il est parfois permis de s’interroger sur les critères de choix des personnalités qui les pilotent.  R…

Un mot du SNE quant à la "concertation"...

J'ai déjà évoqué ici mes doutes quant à la "concertation" proposée par M. Peillon. Or je découvre aujourd'hui une "lettre de démotivation" datée du 27 juin du SNE-FGAF, syndicat dont j'ignorais totalement l'existence, lettre dont j'aurais quasiment pu écrire chaque mot.
Je ne suis pas syndiqué, ne l'ai jamais été et ne le serai a priori jamais -j'écris a priori parce que je n'aurai pas l'outrecuidance de penser que je sais de quoi l'avenir sera fait-. Mais lorsqu'un syndicat répond à mes voeux je peux difficilement faire l'impasse.
Je vous donne in extenso la teneur de cette lettre:
Le SNE-FGAF a pris connaissance de la lettre de Vincent Peillon aux enseignants.
À des heures où les médias ne cessent d’insister sur les faveurs accordées au Ministère de l’Education en matière de budget et de priorités, le SNE-FGAF n’hésitera cependant pas à se montrer partagé, réservé et dans certaines circonstances inquiet, sceptique v…

Mieux définir le métier de directeur d’école...

Comme nous l’avons mis en évidence, la qualité de l’action du directeur d’école est déterminante pour le climat de l’établissement. Le très fort impact sur ce dernier des variables composant cette action le mesure et le confirme, qu’il s’agisse du dynamisme, de l’organisation des conditions de travail ou de la qualité de vie professionnelle.
(...)
... un préalable s’impose : mieux définir le métier de directeur d’école, ses missions, ses responsabilités. En effet, au regard des résultats de cette étude – portant il faut le rappeler ici sur 822 directeurs d’école – ces personnels vivent actuellement un certain malaise, se montrent insatisfaits, démobilisés et pessimistes dans leur majorité. Une des explications déjà mise en évidence par plusieurs enquêtes, études et recherches est la forte distorsion existant entre les objectifs assignés à l’exercice de l’activité des directeurs d’école et le peu de moyens mis à leur disposition pour les réaliser , associé à un manque de reconnaissance s…

Directeur: un métier à part entière...

Le directeur d’école n’occupe pas simplement une fonction : il exerce un métier à part entière. Il endosse des responsabilités d’ordre pédagogique, relationnel, administratif et managérial. Après sa mission première de fédérer autour du contrat éducatif, le directeur est l’interlocuteur privilégié des élus locaux et des parents d’élèves. Il devrait être recruté parmi les enseignants chevronnés ayant au moins trois ans d’ancienneté dans le premier degré. Le directeur devrait pouvoir procéder lui-même à des recrutements de type emplois vie scolaire (EVS) et avoir des marges de manœuvre en matière de formation continue pour lui-même et pour ses adjoints. Le directeur devrait être le représentant de l’État dans l’école et représenterait l’école en toutes circonstances. Le caractère spécifique des fonctions exercées implique un plan de carrière et une nette revalorisation de la rémunération indemnitaire.
Ce n'est pas moi qui l'écrit, c'est un député, M. Frédéric Reiss, da…

Et l'aide personnalisée ?

Il y a quelques années, M. Darcos, ministre de l’Éducation Nationale de sinistre mémoire, et qui d'ailleurs aujourd'hui n'est plus rien, décide tout de go de supprimer l'école le samedi matin, sans doute pour répondre aux vœux des professionnels du tourisme et des commerçants... ou d'autres lobbys dont le parisianisme et la puissance ont parfois tendance à m'inquiéter quelque peu.
Mais cela pose un problème: les enseignants du primaire doivent 26 heures devant les élèves à leur employeur (car les heures des enseignants ne sont pas annualisées, elles sont comptées hebdomadairement). Quatre journées de classe de 6 heures nous donnent 24 heures d'enseignement: que faire des deux dernières?
Alors vient à M. le Ministre une idée de génie: ces heures seront consacrées aux élèves en difficulté! Double avantage aux yeux du séide de M. Sarkozy:
1) on flatte l'électorat qui n'y panne que couic et croit que ça va être utile et efficace, et qu'enfin un gou…

L'éducation est un investissement...

J'entends depuis des années les chantres du libéralisme, et malheureusement à leur suite tous ceux que cette rhétorique arrange, y compris les gens les plus inattendus, gémir sur les dépenses publiques de notre Nation, et particulièrement sur les dépenses d'éducation.
S'il est vrai que le budget de l’Éducation Nationale est le premier du pays en volume, peut-être est-il utile de rappeler que les dépenses d'éducation sont un investissement, à long terme certes, mais un investissement quand même, et encore le plus utile qu'une nation puisse faire.
L'OCDE le résumait fort bien dans un rapport de 2002:
Il est maintenant clair que le niveau d’éducation est non seulement essentiel au bien-être économique des individus, mais aussi à celui des nations. L’accès à l’éducation allié à la réussite scolaire est un facteur-clef de l’accumulation de capital  humain  et  de  la  croissance  économique. Les  bienfaits  de  l’éducation s’étendent aussi au-delà de l’individu et d…

GDID: "C'est nous qui Peillon !"

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale consulte à tout va cet été pour "refonder" l'école... Veut-il la "refonder" sans les directeurs d'école? Parce que si on regarde la liste des syndicats, associations et autres organes consultés, que voici: 
AFPAD
Association française pour le développement de l'enseignement technique (AFDET)
AGEEM
Agir pour l'école
ANDEV
Association des conseillers médicaux de l'éducation nationale (ASCOMED)
Association des paralysés de France (APF)
Association française des psychologues de l'éducation nationale (AFPEN)
ATD Quart Monde
Autisme France
Cahiers pédagogiques
CAPE
CRAN Défense des enfants
Droit au savoir
Education et devenir
Fédération des APAJH
Fédération Léo Lagrange
Les Céméas
Les Francas
Ni putes ni soumises
Observatoire des ZEP OCCE
Parlement européen des jeunes PEP Peuple et culture PRISME
Retravailler
Secours catholique
Secours populaire
Fédération des AROEVERN
Fédération des espaces jeunes santé
Fédération française de…

Désaffection...

Nous allons embaucher des enseignants, nous dit le nouveau gouvernement, un certain nombre dans l'urgence dès la rentrée 2012, et soixante-mille à terme d'ici cinq ans.
Belle affaire. Surtout quand on sait que s'il veut rester à effectifs constants de fonctionnaires d'état, voire même continuer à en diminuer le nombre -ce qui personnellement me satisfait pleinement-, le gouvernement devra en transférer depuis les autres ministères, et donc profiter des départs en retraite et autres départs volontaires. Très bien, partons donc sur cette base hypothétique.
Le souci, c'est que des enseignants... eh bien il sera difficile d'en trouver. On le constate chaque année, le nombre de candidats diminue dramatiquement, au point que dans certaines matières dans le secondaire il est proposé plus de postes qu'il n'y a de candidatures. Disons-le, ça coince.
Pourquoi une telle désaffection? Oh, les causes sont faciles à trouver:
1) le métier a mauvaise réputation, et ef…

Une absence de statut difficile à assumer...

Dans le contexte français, le directeur d’école primaire, contrairement à ses homologues du secondaire, n’a aucun pouvoir hiérarchique dans l’établissement et il ne peut en principe imposer une quelconque décision. Hormis les décharges horaires dont il peut bénéficier en fonction de la taille de l’école pour assurer les tâches administratives, sa charge d’enseignement est identique à celle de ses collègues. Ce statut, manifestement difficile à assumer, a été l’objet ces dernières années de nombreuses revendications et de « grèves administratives », bloquant la remontée des informations réclamées par l’administration centrale. Si l’augmentation de la prime et l’élargissement des décharges de classe liées à la fonction sont clairement réclamés par les syndicats, la question de la création d’un véritable corps des directeurs d’école reste en suspens, depuis longtemps d’ailleurs puisque dès 1987, la cré…

Un métier sous tensions...

Dans de nombreux pays, les chefs d’établissement jouent un rôle important dans l’évolution des systèmes éducatifs. Plusieurs études ont montré, aussi bien en France qu’à l’étranger, comment les rôles se déterminent à partir à la fois de prescriptions institutionnelles mais aussi de la lecture que les acteurs eux-mêmes en font. Se positionner comme supérieur hiérarchique et envisager ses missions uniquement comme administrateur est une figure, aussi bien que celle d’animateur pédagogique. La fonction offre un large spectre de possible quant à la manière de diriger un établissement. On pourrait imaginer que cette latitude importante conduise nombre d’enseignants à vouloir faire évoluer leur carrière en prenant plus de responsabilités et en s’engageant dans cette voie, particulièrement dans le premier degré qui offre peu de perspectives (Larivain, 2006). Pourtant il n’en est rien, les postes ne sont pas si con…

I had a dream...

Le directeur d’une école est incontestablement un acteur majeur dans le système éducatif.

Au quotidien, le directeur (...) est la cheville ouvrière du fonctionnement et du dynamisme d’un établissement scolaire.

La direction d’une école n’est certainement pas un métier d’exécution.

Il s’agit au contraire d’une fonction à hautes responsabilités. Responsabilités vis-à-vis des élèves, des parents, de l’ensemble de l’équipe éducative, vis-à-vis de la Communauté française et, de manière plus générale, de l’ensemble de la société.

Bien sûr le fonctionnement d’une école est dû à l’action complémentaire de l’ensemble de ces acteurs. Mais le directeur, assisté des membres du personnel exerçant une autre fonction de promotion ou de sélection, joue parmi eux un rôle majeur en veillant à la bonne interaction de leurs diverses interventions.

La corrélation entre le dynamisme du directeur et la santé d’un établissement scolai…