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Affichage des articles du septembre, 2012

Le SGEN et le SE-UNSA lâchent les dirlos...

Voilà, c'est entériné. Dans une tribune du 28 septembre, signée par Thierry Cadart (Secrétaire Général du Sgen-CFDT), Laurent Escure (Secrétaire général de l’UNSA Éducation) et Jean-Pierre Obin (Inspecteur général de l’Éducation nationale honoraire), on peut lire:
Un troisième facteur de réussite des enfants des classes populaires est la continuité éducative. Ce sont eux qui pâtissent le plus aujourd’hui des discontinuités entre l’école et le collège, de la confrontation de plus en plus brutale, avec la sélection scolaire, de contenus instrumentaux à des contenus culturels, d’un maître unique à dix professeurs. Il n’y a plus de nos jours de justification à cette séparation arbitraire des cinq premières années de l’école obligatoire des quatre suivantes. Il faut donc construire progressivement l’école du socle commun en commençant par la mise en place d'un réseau, cohérent, associant chaque collège avec les écoles de son secteur.
Devinez qui dirigera un tel réseau? Le principal…

La grande illusion... ou les dindons !

La concertation voulue par M. Peillon, ministre de l’Éducation nationale, et qui va bientôt clore ses discussions pour provoquer la ponte d'une loi d'orientation, ne serait-elle qu'une grande illusion? C'est bien entendu ce que je crois, ne serait-ce que parce que les hauts fonctionnaires en charge des écoles, en dépit du changement de gouvernement, sont toujours les mêmes que ceux des années passées. Ce n'est pas une très légère et très récente valse des recteurs qui y changera grand-chose: la politique éducative française n'est pas imaginée par le ministre mais par la Direction des écoles, qui ne peut qu'avoir conservé ses habitudes et ses envies, même si elle fait mine d'apporter aux textes qui nous régissent quelques aménagements cosmétiques.
Tiens, une question me vient soudain à l'esprit: la fameuse "veille internet" du gouvernement précédent est-elle toujours en place? Messieurs, bonjour, et tous mes vœux à vos dames.
La question d…

De la concertation, et des directeurs d'école...

Vincent Peillon:

Délibérez, jugez ce que ma voix propose,
Et que d'un long malheur l'empire enfin repose.
 Un directeur d'école:

0 vous, roi bienfaisant, qu'on aime et qu'on révère,
Sur nos vrais intérêts votre voix nous éclaire:
Qu'est il ici besoin d'un stérile débat ?
Chacun connait assez les besoins de l’État;
Mais nul n'ose en parler avec pleine franchise.
Que celui dont l'audace ici nous tyrannise
De son esprit hautain rabatte la fierté,
Et rende à nos discours toute leur liberté;
Eh bien, cédons, prenons une voix suppliante,
Demandons-lui la vie, implorons à genoux
Ses bontés pour le roi, pour l’État, et pour nous;
Qu'il nous laisse une part de nos droits légitimes:
Trop longtemps des combats nous fûmes les victimes.
Vous, à qui nous devons tous les maux qu'ils ont faits,
Terminez cette guerre et donnez nous la paix.
Virgile, Énéïde, Livre XI

Flac! Une couche pour cacher la misère...

L' Union des cadres de la CGT a rendu public un sondage qu'ils avaient confié à OpinionWay, sondage sur "l'état d'esprit des enseignants" dont les réponses n'étonneront personne dans le milieu, mais qui présente de façon intéressante certains points de vue.
On constate depuis quelques semaines une avalanche de rapports allant dans le même sens, mais dont les répercussions à venir semblent douteuses aux yeux des enseignants eux-mêmes; c'est ce que pointe ce dernier sondage, comme d'ailleurs le dernier et pertinent billet de Directeurs en lutte si on ne tient compte que de la situation particulière des directeurs d'école.
J'ai par exemple lu le rapport sur "les composantes de l'activité professionnelle des enseignants", paru en juillet dernier, dans son intégralité. Il est extrêmement intéressant quant aux constats effectués, froids et distanciés, complets me semble-t-il. Mais hélas on ne trouve à la fin que quelques pauvres …

Les chiffres sur l'école qui font mal...

J'ai extrait de l'excellent article de Lucien Marboeuf -voir mon dernier billet- les données qui font mal, celles que les lecteurs du Figaro ne connaissent pas parce que malhonnêtement les rédacteurs du quotidien ou des magazines les leurs cachent. Ces chiffres de 2010, qui sont les derniers disponibles, devraient être livrés à tous les français et discutés partout, afin qu'on cesse par idéologie, bêtise ou ignorance, de vouloir détruire le peu qui reste de l'école publique française.
L’éducation représente 10,4 % des dépenses publiques en France (moyenne de l’OCDE: 13 %). La France est 27ème pays sur 32...
La France investit pour un élève de primaire -maternelle et élémentaire- 17% de moins que la moyenne de l'OCDE, soit 6373 $  (moyenne de l’OCDE: 7719 $).
La France investit 6185 $ pour un élève de maternelle (moyenne de l'OCDE: 6670 $).
En France, un professeur des écoles, qui enseigne toutes les matières, travaille 30% d’heures de plus qu’un professeur de …

L'épouvantable analyse de Lucien...

Je lis L'instit'humeurs, l'excellent blog de Lucien Marboeuf, depuis très longtemps. J'aime y retrouver à chaque billet son ton très particulier, sa sincérité, comme sa langue acérée qui ne pouvait que me plaire. D'ailleurs, L'instit'humeurs est depuis la création du Confort Intellectuel dans les bonnes adresses que je recommande dans le bandeau de gauche, et ce n'est certes point un hasard.
Lucien Marboeuf consacre son dernier billet aux Regards sur l'éducation 2012, publication de l'OCDE livrée la semaine dernière. Ce document est à chaque parution une mine de renseignements précis sur le milieu scolaire. Malheureusement, la lecture en est ardue: les tableaux et autres nuages de points s'y succèdent, ce qui est rapidement décourageant (l'OCDE publie également une note de synthèse d'une lecture plus simple). Mais lorsqu'on sait les décrypter, ce qu'on y trouve est passionnant!
Lucien Marboeuf en a fait la lecture pour nous.…

L'exploit partisan du "Café pédagogique"...

S'il était une fois de plus nécessaire de prouver que le "Café pédagogique" est un site sous-marin de la FSU, il serait largement suffisant d'évoquer leur couverture de l'enquête Debarbieux/Fotinos que j'ai longuement évoquée dans mon précédent billet.
Le "Café pédagogique" commet effectivement l'exploit de ne citer qu'une seule fois les termes "directeur d'école" alors que ceux-ci reviennent longuement dans l'enquête, et en représentent une part importante -relisez mon billet précédent-. Certes, les mots "directeur d'école" sont accolés au mot "statut", mais noyés dans un fatras d'autres sollicitations, et il s'agit dans l'esprit du Café d'en discuter, et certainement pas d'y souscrire...
Le statut des directeurs, et leur mode de nomination, le rôle de coordination des IEN, la remise à plat des pratiques et des finalités de l’inspection pédagogique, l’importance de la recherche e…

Retour sur Debarbieux/Fotinos...

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Je reviens aujourd'hui sur l'enquête qu'Eric Debarbieux et Georges Fotinos ont sortie hier, et dont j'ai parlé dans mon dernier billet.
Effectivement, ce dossier dense mérite de la part des directeurs d'école une meilleure lecture que celle transversale et lapidaire des médias. Ne serait-ce que parce qu'on y évoque beaucoup les directeurs d'école, dont manifestement le mal-être a certainement beaucoup frappé les deux auteurs du rapport.
Revenons d'abord sur la perception globalement positive que les enseignants ont de leur propre école. Voici ce qu'écrivent Debarbieux et Fotinos:
Ce sont très significativement les directeurs qui ont une vision très positive de leur école, et ce qui est intéressant quelque soit le niveau de décharge de service.Le climat scolaire est décrit comme beaucoup plus positif à partir du moment où l’on est directeur d’école. Ainsi dans les écoles 52% des directeurs jugent le climat bon (note la plus forte) 37,4% de leurs adjo…

... entre bonheur et ras-le-bol ?

Eric Debarbieux et Georges Fotinos ont présenté aujourd'hui une enquête sur le climat et la violence scolaire dans le primaire, maternelle et élémentaire confondus.
Au delà de la formule originale de leur travail, pour lequel ils ont questionné près de douze mille enseignants, ce qui est déjà remarquable, Eric Debarbieux et Georges Fotinos dressent un constat plutôt curieux mais néanmoins accablant.
Effectivement, plus de 90% des enseignants interrogés estiment le climat de leur école "bon" ou "plutôt bon", ce qui pourrait sembler inattendu si on ne connait pas de l'intérieur les efforts de la plupart des professeurs des écoles et des directeurs pour faire fonctionner la machine malgré les difficultés. Néanmoins, 8,3% se disent «victimes répétées» -de la part d'élèves, de parents ou de collègues- d'injures, de menaces, d’ostracisme ou de harcèlement. Ce chiffre est à mon avis effroyablement haut mais certainement très proche de la réalité. Il faut …

La "concertation" part tous azimuts... mais ne marche pas droit.

Lisant sur le site de la graaaande concertation les contributions des internautes ou celles des participants, j'y découvre sans surprise que les propositions concernant les directeurs d'école partent dans tous les sens. J'y découvre aussi, sans surprise non plus, quelques forfaitures, quelques avancées masquées, et constate que les contributions mettant en avant le rôle primordial de la direction d'école primaire restent clairsemées.
On y trouve très peu par exemple les simples mots "directeurs d'école". Pudeurs de jeune fille? Ou plus simplement les contributeurs n'ont-ils aucune conscience du fonctionnement réel d'une école? Je penche pour cette hypothèse, au lu de quelques propositions fumeuses et bariolées. Mais entrons un peu dans le détail.
Au titre du SE-Unsa, nous constatons une forfaiture supplémentaire, après celle que je n'ai toujours pas digérée du "protocole" de 2006 qui nous a valu ces dernières années une lente agonie …

Je suis pour une grève administrative...

La "concertation" pour la "refondation" (brrrr, ces deux mots me font froid dans le dos) est en cours. Le GDID y a été invité. D'après les informations que cette association nous a récemment données, les discussions sont difficiles. Mais il semblerait également que beaucoup au sein de cette concertation soient convaincus de la nécessité de ne pas laisser les directeurs d'école, chevilles ouvrières de l'école française, dans la situation actuelle.
Je ne crois guère aux bons sentiments, et les belles paroles me laissent de marbre. Comme moi chers collègues vous êtes en train de vous débattre de votre rentrée, coincés entre vos élèves, votre IEN qui vous assomme de consignes inutiles sur un ton menaçant, la préparation des élections et autres billevesées. Comme moi vous faites en ce moment des journées de 10, 12 ou 14 heures -14 heures, ce fut mon cas aujourd'hui-. Alors j'imagine que vous avez des doutes sérieux quant à notre avenir.
J'ai suf…

La prise de pouvoir par les principaux...

La menace se précise, chers collègues.
Même s'il semble qu'au sein des groupes de travail de la "concertation" nombreux soient ceux qui pensent que les directeurs d'école devraient avoir un statut, les principaux de collège, eux, discutent entre eux de leur prochaine mainmise sur les futurs "écoles du socle" et donc sur l'école primaire.
Certaine centrale syndicale qui nous refuse l'idée même du statut que sur le terrain nous réclamons risque de se sentir morveuse. Mais elle n'aura peut-être pas le temps de se moucher. 
Il me semble que la proximité des directeurs d'école avec les enfants, les familles et les municipalités fut toujours un atout majeur pour faire grandir nos élèves, et plus encore en maternelle. Une gestion jacobine par les collèges, concentrée et phagocyte, nous fabriquera un monstre tentaculaire incapable de se mouvoir et de réagir, sourd aux sollicitations, et le petit doigt sur la couture du pantalon ministériel. Ce …

Rébus...

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Directeurs en lutte...

Le blog Directeurs en lutte, qui se bat de puis des années pour que le métier de directeur d'école soit enfin reconnu, et clarifié par un statut spécifique, est de retour après deux mois de silence avec un article intitulé "Les directeurs d’école : grands oubliés de la refondation".
Pour Le Confort Intellectuel, Directeurs en lutte est un grand frère qui nous manquait cruellement. Ses analyses sont toujours pertinentes et je suis ravi de le retrouver après cette lourde rentrée.
J'en remercie les auteurs pour la gentille petite phrase d'accueil que j'ai trouvé en exergue du blog: elle signifie pour moi que je suis lu et a priori apprécié. Alors... bonne lutte! Si les directeurs d'école doivent disparaître du paysage scolaire français, nous partirons au moins les armes à la main et l'honneur sauf.

Ainsi le destin frappe à la porte...

Il n'est pas nécessaire d'écouter la 5ème de Beethoven pour lire ce billet. Pourtant l'attente est lourde pour les directeurs d'école. C'est notre destin qui se joue actuellement dans la concertation pour la "Refondation" de l'école publique... et notre existence. Y aura-t-il encore des directeurs d'école à la rentrée 2013? Et dans l'affirmative, quels seront leurs devoirs, quelles seront leur prérogatives, seront-ils reconnus... ou définitivement laminés?
Le GDID participe depuis quelques jours -enfin! pourrait-on dire- à certaines tables rondes de la concertation. Pour l'instant rien ne filtre, mais nous aurons certainement sous peu quelques nouvelles. Seront-elles porteuses de promesse? Ou seront-elles le chant du cygne de notre métier si dédaigné et pourtant indispensable au lien fort qui existe entre la population de ce pays et son école?
Quelques gestes simples pourraient montrer la volonté gouvernementale de remarquer notre mission…

Les Sabines...

Il y avait à Montmartre, dans la rue de l'Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine, qui possédait le don d'ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver en même temps, de corps et d'esprit, en autant de lieux qu'il lui plaisait souhaiter.
C'est ainsi que débute "Les Sabines", une magnifique et très drôle nouvelle de Marcel Aymé parue en 1943 dans le recueil "Le passe-muraille". Ceux qui ont apprécié le titre de ce blog peuvent deviner à quel point j'aime Marcel Aymé, qui pour moi est un de plus grands auteurs français.
"Les Sabines" se termine tragiquement. Marcel Aymé n'est pas un moraliste, mais un penseur qui sait cacher le fruit de sa réflexion derrière un humour éclatant. Chaque Sabine ressent ce que ressentent les autres Sabines, et les excès finissent par toutes les unir dans un final dramatique, ironique, et logique.
Pourquoi je vous raconte tout ceci? Simplement parce qu'au cours de cette journée …

Le SNUipp quitte sa burqa...

Le SNUipp, syndicat important dans le primaire, quitte sa burqa et dévoile des dessous peu affriolants, et surtout portés depuis trop longtemps pour ne pas sentir très mauvais. Quelques textes récents m'avaient laissé espérer une légère avancée dans la pensée proto-communiste de cette étonnante centrale syndicale, mais le SNUipp vient de se dénuder sans pudeur dans un texte fleurant très fort des relents bien connus... Vous avez deviné? Ils parlent des directeurs d'école (en nous appelant, ce qui est réellement hilarant, des "maîtres-directeurs"!) et nous replacent le sempiternel et vain couplet du "conseil des maîtres", non pas cette fois "décisionnaire", mais carrément "souverain"! Costaud, le SNUipp. Difficile de faire plus ringard. En revanche, s'il s'agit de renifler les godillots de SUD, de FO ou de la CGT, j'ai bien peur que cet effort sovkhozien rate son but, et enterre définitivement les pauvres restes du défunt SNI…

Un mot d' Oeillet-Rose...

Œillet-Rose, quel que soit son vrai nom (mais le pseudo est charmant), a posé un commentaire édifiant sur mon précédent billet, commentaire que je ne peux me retenir de vous livrer ici in extenso tellement il est représentatif de l'état d'esprit de la plupart d'entre nous, les directeurs et directrices d'école primaire... et je ne ferai moi aucun ajout à ce texte parlant:
Bonjour,
2 classes de l'école que je dirige (6 classes) correspondent avec 2 classes d'une école du Sud de l'Angleterre. L'année dernière, dans le cadre du jumelage, la directrice de cette école est venue visiter la nôtre avec quelques élèves accompagnés d leurs familles. Son école a 165 élèves donc à peu de choses près la même taille que celle dont je suis directrice, mais elle n'est pas chargée de classe. Par contre, elle fait de l'enseignement, en prenant des petits groupes d'élèves à droite à gauche.
Jusqu'en juin dernier, nous avions un EVS qui prenait en charge par…

Et la gouvernance de l'école?

Je suis en rogne. Décidément cette consultation pour la "refondation" de l'école me tape sur le système!
Une page est apparue sur le site de la consultation, page exposant un certain nombre de "comparaisons internationales" sur certains points du fonctionnement des écoles. C'est là que la bât blesse: on nous évoque un certain nombre de questions annexes certes importantes, comme la scolarisation des élèves handicapés ou la prétendue violence scolaire -comme si la violence était un point spécifique aux écoles à notre époque!-, mais RIEN n'est dit des trois principales questions qui permettront de sauver l'école française, sinon en filigrane:
la gouvernance des écoles primaires (maternelles et/ou élémentaires);l'organisation de l'école;le fonctionnement de l'école.
Le fonctionnement de l'école est primordial: l'enseignement qui y est dispensé doit-il ou non être basé sur une pédagogie de la réussite? Oui, bien sûr, aucun enfant ne d…

Un grand moment comique...

J'ai ri tout seul comme une baleine en découvrant ce soir la question du 3 septembre dernier sur le site de la Graaaaaande Concertation.
Je dois vous avouer que si je viens régulièrement y lire les contributions des internautes, je ne m'attarde pas en général sur le reste, qui ne vaut souvent pas tripette. Je ne réponds donc pas aux questions qui sont posées. Mais celle-ci vaut son pesant de grattons! « Les rythmes pratiqués à l’école primaire vous semblent-ils adaptés aux besoins des enfants? »
C'est le genre de question que nous ne posons jamais à nos élèves, nous autres enseignants, car la réponse en est induite! En effet, pourquoi poser la question s'il n'y avait pas un problème? D'autant que les médias ne parlent que de ça depuis deux mois.
Eh bien j'ai le plaisir de vous informer, chers amis, que plus de 1800 personnes ont répondu à la question quand même, et qu'évidemment elles ont répondu "non" à 72%.
Si c'est avec ça qu'on veu…

Le Principal, l'IEN, et le Directeur d'école...

Si le titre de ce billet ressemble à celui d'une fable, ce bon M. de la Fontaine n'a hélas rien à y voir.
Les directeurs d'école râlent depuis au moins trois lustres, parce que leur mission est devenue impossible à remplir de façon satisfaisante. Pourtant ils continuent vaille que vaille à l'accomplir, avec abnégation, en s'occupant prioritairement de la "petite gestion d'école", soit tous ces actes quotidiens qui permettent de regrouper familles et enseignants autour de l'éducation des enfants.
Rendons à César ce qui est à César. C'est grâce à l'action du GDID qu'aujourd'hui personne n'ignore à quel point la fonction de direction va mal. Les mots "directeur d'école" et "statut" reviennent avec régularité dans la plupart des revendications syndicales et des discours sur l'école, sauf peut-être pour une centrale syndicale particulière -qui éventuellement commence un léger aggiornamento- et dans les m…

Peut-on "refonder l'école" sans les directeurs d'école?

Vous vous doutez bien, avec l'esprit caustique qui parait-il me caractérise, que si je pose la question c'est que j'y répondrai par la négative.
C'est pourtant le tour que semble prendre la graaaande concertation voulue par M. le Président de la République et M. Peillon, Ministre de l’Éducation Nationale. Plein de grosses têtes -chenues, en plus- qui papotent et papotent et repapotent en s'imaginant sous les auspices des mânes de Diderot et d'Alembert.
Toutes les mesures qui finalement jailliront des crânes géniaux de tous ces grands penseurs devront être au final appliquées dans les écoles... Par qui? Le Ministre enverra ses instructions aux recteurs, qui enverront leurs instructions aux Directeurs Académiques, qui enverront leurs instructions aux IEN... Les IEN? Ah ah ah. Nous sommes surpris quand nous en voyons un dans notre école: "Bonjour Madame, qui êtes-vous? L'inspectrice? Oh, je suis charmé de vous rencontrer! Désolé, madame, j'aimerais b…

Révolution syndicale?

Moi qui à l'âge que j'ai ne m'étonne plus de grand chose, me voilà épaté par un texte officiel du SNUipp, qui reste jusqu'à présent le seul des grands syndicats d'enseignants à refuser de discuter avec le GDID -et ne répond même pas aux courriers, ce qui est d'une incorrection rare-. Je vous livre ce texte du 3 septembre dernier in extenso, tel que je l'ai déniché sur le site du SNUipp de la Gironde:
Direction et fonctionnement d’école
La fonction de direction d’école est en constante mutation, les tâches qui lui sont attachées sans cessent se multiplient et s’alourdissent (enquêtes administratives variées, mise en place et gestion de l’accompagnement éducatif, base-élèves, délégation de l’inscription en 6ème via le logiciel Affelnet…), les missions deviennent plus complexes, les responsabilités s’accroissent.
Le manque de temps, de formation, d’outils, d’aide deviennent criants et laissent la plupart des directeur-trices seul-es face à leurs difficultés. Mal…