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Affichage des articles du octobre, 2012

L'instit'humeurs tape juste !

Décidément, que j'aime ce blog de "L'instit'humeurs", que je suis depuis longtemps, et dont j'apprécie particulièrement la justesse comme la causticité!
Le dernier billet tape très juste, en dénonçant pêle-mêle clichés et haines infondées. J'aurais pu l'écrire, ce billet. Mais j'avoue qu'il m'a un peu filé le bourdon. On sent chez l'auteur une lassitude certaine d'entendre et de lire toujours les mêmes commentaires haineux, et moi-même, après trente-cinq ans de métier à écouter les mêmes rengaines sur les enseignants, je sature. Mais ça fait aussi du bien de voir si bien décrit ce qu'on ressent...

Quelques réflexions pour aider M. Peillon...

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M. Peillon, Ministre de l’Éducation nationale, veut rénover l'école française. C'est tout à son honneur, car celle-ci ne remplit plus son rôle. Il veut en particulier mettre l'accent sur l'école primaire, cette école que nos amis belges appellent "fondamentale". M. Peillon a raison, c'est au primaire, dès la maternelle, et au sein des écoles, que se joue l'avenir de nos enfants. Tous les enseignants qui n'ont pas d’œillères syndicales ou administratives le savent. Comme ils savent le rôle primordial que peuvent tenir les directeurs d'école dans la réussite éducative.
M. Peillon n'est pas seul à se poser des questions sur ce qu'il convient de faire pour rendre notre école plus efficace et plus équitable. D'autres pays, depuis quinze ans, ont entamé des réflexions similaires avec succès. Et leur première mesure a toujours été de donner à la direction d'école les moyens d'accomplir sa mission d'encadrement au plus près du…

Il faut des sous pour l'école primaire!

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J'ai longtemps fustigé les syndicats qui, dans les années 90, réclamaient des "moyens" pour l'école, alors que l'investissement de la Nation pour l'école publique était à l'époque au plus haut. Mais je dois reconnaître que c'est aujourd'hui un leitmotiv que je dois reprendre à mon compte.
Dominique Gambier, universitaire et Conseiller régional de Haute-Normandie, a commis sur son blog un excellent article, court mais clair, pointant les faiblesses structurelles du système. Il y reprend ces lignes de la fondation Terra Nova:
« La réduction continue des moyens alloués à l’école primaire est un contre-sens sur tous les plans: elle est injuste moralement (l’école primaire accueillant tous les élèves dans une même filière démocratisée), désastreuse scolairement (les élèves en difficulté dans le primaire sont sujet à l’échec scolaire dans le secondaire), et contre-productive financièrement (la prise en charge de l’échec scolaire est moins coûteuse si el…

L'instit'humeurs a déménagé...

L'excellent blog "L'instit'humeurs", que je suis depuis longtemps, a déménagé chez FranceTVinfo. Mettez vos raccourcis à jour! Et pensez aussi à tripoter vos pendules, nous sommes passés à l'heure d'hiver...

Le SNUipp se fout du monde!

Je suis en rogne contre le SNUipp depuis quelques jours. Cela tombe mal, moi qui commençais à en penser un peu de bien.
D'abord, la façon dont le SNU se rattrape aux branches pour n'être pas distancé par le SE est d'une totale indignité. Ces gens-là se sont faits doubler par l'action récente du SE envers les directeurs d'école, qui a amené le résultat que l'on sait et les récents propos de M. Peillon. Du coup, voilà nos braves syndicalistes du SNU qui essayent de faire croire que tout le mérite leur en revient. Ils veulent faire croire ça à qui? Ce serait très drôle si ce n'était plutôt tragique et représentatif de l'état total de déliquescence dans laquelle est tombé ce syndicat avec Aschieri et d'autres. Le SNU n'est plus que l'ombre de lui-même... RIP!
Ensuite, je tombe, et ce coup-ci je me suis fais bobo, sur cet article ridicule dans le Café pédagogique qui décidément ne nous sert plus que de la lavasse de la FSU. Enquête vérité, tu pa…

Une hirondelle ne fait pas le printemps...

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Le mercredi 24 octobre dernier, M. Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a fait une déclaration au sujet de l'avenir de la direction d'école devant la Commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l'Assemblée nationale, déclaration qui évidemment a fait un certain bruit auprès des directeurs d'école ainsi qu'auprès des syndicats, qui s'en sont -certainement trop tôt- fortement réjouis, alors que les directeurs d'école du GDID et certaines centrales étaient d'ores et déjà prêtes au rapport de force. M. Peillon a donc en quelques mots lénifiants cassé une dynamique qui pouvait lui être néfaste. Mais qu'en est-il réellement?

M. Peillon répondait à deux questions, dont l'une en particulier avait été posée par M. Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin bien connu des lecteurs de ce blog pour un rapport qui à l'époque où il était sorti avait fait beaucoup de bruit, M. Reiss y réclamant une reconnaissance claire de notre métier…

Trois mesures pour les directeurs d'école à prendre d'urgence... et qui ne coûtent rien!

Si le ministre veut faire preuve de bonne volonté envers les directeurs d'école, et ne pas passer pour une buses obtuse, il peut prendre immédiatement trois mesures qui ne coûteront rien à l'Etat, et seront donc forcément bien accueillies aussi bien par le gouvernement que par les directeurs sur le terrain qui n'en peuvent mais... en attendant évidemment que la question soit définitivement réglée par la délivrance aux directeurs d'école d'un statut particulier qui leur permettra d'exercer sereinement leur difficile mission.

Mesure 1: la suppression totale de l'aide personnalisée pour tous les directeurs d'école.

Cette aide personnalisée, instituée par le non-regretté Xavier Darcos, n'a non seulement aucune efficacité, mais s'avère même dans de nombreux cas particulièrement nocive pour certains élèves des plus faibles; il est largement temps de la supprimer, et c'est bien l'objectif, entre autres, que vise la réforme des rythmes scolaire…

Feu de paille...

En quelques jours cette semaine ont fleuri dans les médias -radios et quotidiens- de nombreux articles quasi similaires sur les difficultés des directeurs d'école. J'écris "quasi similaires" car à part quelques-uns -comme celui-ci, pour lequel le journaliste a fait l'effort particulier de se renseigner, ce dont je le félicite-, tous les journaux ont repris quasiment in extenso une dépêche AFP calquée sur un communiqué de presse du SE-Unsa. On appelle ça de l'information?
Cette floraison automnale est tout de même une double bonne nouvelle. D'abord parce qu'il est rare que la question de la direction d'école fasse l'objet d'un quelconque article dans les médias. Ensuite parce que dans le cas présent le SE-Unsa a parfaitement joué sa partie. Certes je ne suis pas d'accord avec les revendications assez vagues du SE-Unsa, qui semble abandonner l'idée de réclamer un statut pour les directeurs d'école, mais je suis assez honnête pou…

Aveugle, sourd, et muet...

Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, se comporte tel Mizaru, Kikazaru et Iwazaru, les trois singes de la sagesse: il ne voit rien, n'entend rien, et ne dit rien. Ce symbole bouddhiste est parait-il bénéfique, à celui qui suit cette maxime il n'arriverait que du bien. Je ne suis pas certain que M. Peillon s'en tirera à si bon compte.
M. Peillon est aveugle, il ne voit rien de la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui les directeurs d'école de la Nation qu'il est en partie sensé gouverner. Il ne voit pas notre travail quotidien, nos efforts constants pour faire grandir nos élèves et année après année remplir au mieux la mission qui nous a été confiée parce que nous l'avons choisie. Il ne voit rien de nos longues heures non rémunérées passées avant ou après la classe à faire tourner nos écoles. Il ne voit rien de nos dialogues permanents avec les familles, les municipalités, et tous les interlocuteurs de l'école. Il ne voit rien de…

Fin de non-recevoir...

« On va devoir en reparler... ce sujet est devant nous. Mais ce dossier n’est pas ouvert dans le cadre de la refondation. »
Ces derniers propos de M. Peillon, ci-devant ministre de l’Éducation nationale, au sujet des directeurs d'école, ont été accordés récemment au SE-Unsa et rapportés par ce syndicat.
Cela s'appelle une fin de non-recevoir. Comme je le pensais, le GDID qui sera reçu le 30 octobre prochain au ministère s'y entendra susurrer des paroles lénifiantes -"nous ne vous oublions pas"- mais se fera aussi proprement rembarrer. J'ai vu suffisamment de ministres depuis plus de trente ans que j'exerce ce métier pour ne pas avoir rapidement cerné la personnalité du dernier en date. Au passage, comme ses récents prédécesseurs, M. Peillon n'a pas appris à se taire quand il le devrait...
Le GDID est en quête d'une action  signifiante pour établir un meilleur rapport de force d'ici son rendez-vous dans quinze jours. Si vous avez une idée...
Co…

Le JDD parle des directeurs d'école...

Le JDD a sorti aujourd'hui simultanément deux articles sur la direction d'école, l'un exprimant notre désarroi, le second l'illustrant avec la courte relation de la journée d'une directrice d'école de Garches.
J'ai plusieurs choses à exprimer quant à ces deux articles. La première est bien entendu que ce genre de propos est trop rare dans les médias, alors que tous les français sont concernés par l'école. La seconde est que dans le premier article j'ai constaté avec joie que la mission des directeurs d'école est qualifiée de "métier" -le titre de l'article est "Directeur d'école, un métier "épuisant, décourageant"-.
Combien de temps aurons-nous attendu ce type de reconnaissance? Il serait heureux que d'autres quotidiens ou magazines français s'intéressent enfin à notre sort. Nous sommes des "oubliés de la République", comme l'écrivait Olivier Caremelle, ce qui est fort juste. Oui, la missio…

Tu avances ou tu recules...

...comment veux-tu comment veux-tu... que j'y comprenne quelque chose?
Je parle bien entendu du SNUipp. Autant je me fais le devoir de souligner l'avancée proposée par certains textes de cette centrale syndicale, autant je dois avec tout autant de franchise dénoncer le recul ou la stagnation proposés par certains autres. C'est ainsi que le SNUipp des Alpes-Maritimes réclame un statut pour la "direction d'école" -j'ai déjà exposé ce que j'en pense plusieurs fois-, alors que le SNUipp du Cantal en refuse totalement l'idée:
Pour le SNUipp, c’est très clair. Des moyens : OUI. Un statut : NON. L’urgence est à l’allègement des injonctions, du temps de décharge, de la formation et de la reconnaissance. Les sirènes du “statut” apporteront plus de problèmes de gouvernance et de positionnement (clivage au sein des équipes) que de solutions.
J'apprécie d'autant plus ce dernier texte que le SNUipp y réclame moins de décharge, moins de formation et moi…

La lente cuisson du directeur d'école maternelle...

La recette est très répandue, le nombre d'écoles maternelles publiques de moins de quatre classes étant extrêmement important en France. Je vous la rappelle néanmoins ici.
Ingrédients: un directeur (ou une directrice, le sexe ne genre rien à la cuisson) d'école maternelle, non déchargé;une trentaine de loulous et de louloutes entre trois et cinq ans;des élections de parents d'élèvesquelques consignes administratives superfétatoires pour pimenter la recette.
Commencez à préparer votre matière principale (le directeur) à six heures le lundi matin, pour qu'il prépare le travail de ses élèves. Mettez-le dans le bain rapidement, si possible dès 7h30, en allumant l'ordinateur du bureau. A 8h30, incorporez vos loulous et vos louloutes; vous pouvez dès cette étape ajouter si vous le souhaitez quelques parents d'élèves, mais vous devrez les enlever rapidement afin qu'ils ne gâtent pas trop vite le jus de cuisson. A cette heure-là, votre directeur est encore tendre. …

Une épine dans le pied...

Les vestes se porteront retournées cet automne. Si vous voulez être à la mode...
Le SE-Unsa, qui jusqu'à présent semblait plutôt d'accord avec l'idée portée par le GDID d'un statut particulier pour les directeurs d'école, retourne sa veste avec allégresse dans son dernier supplément concernant la direction d'école, et n'évoque plus ce statut pourtant nécessaire que pour dire que les avis à son sujet sont partagés. Partagés au sein de la centrale syndicale, je n'en doute pas. Partagés parmi les directeurs d'école qui n'en peuvent plus, certainement pas! Le SE admet tout de même que la direction d'école est devenu un métier à part entière. Grâce lui en soit rendue. Mais je ne peux me contenter de ça ni d'un vague "il faut en discuter".
Je subodorais récemment cette forfaiture suite à la signature conjointe avec le SGEN-Cfdt d'une tribune dans laquelle les deux centrales vantaient "l'école du socle", quitte à met…

Chat échaudé craint l'eau froide...

Cela fait plus de trente ans que je suis entré dans la carrière, comme on dit, dont un tiers comme "remplaçant" et un autre tiers comme directeur d'école. Autant dire que j'ai vu passer du monde! Des élèves en veux-tu en voilà, des collègues à la pelle, cinq présidents de la République, dont Mitterrand deux fois et Chirac deux fois, quinze ministres de l' Éducation nationale -dont Jack "je ne fais rien" Lang deux fois-, et tout autant de réformes de ce fameux ministère du type "vous allez voir ce que vous allez voir".
J'ai vu... ce que j'ai vu.
J'ai le grand bonheur de vous faire savoir qu'heureusement, quasiment inamovible dans mes convictions, je continue à travailler avec mes élèves -expérience mise à part- comme au premier jour. J'écris "heureusement", car s'il m'avait fallu suivre toutes les circonvolutions absurdes ou simplement illogiques des directives concoctées par la Direction des écoles -ou DG…

Quand le directeur est contraint de sacrifier ses élèves...

Tous les directeurs d'école le savent: accomplir correctement sa mission de direction d'école amène quotidiennement à sacrifier l'enseignement apporté aux élèves. Le directeur est directeur 24h/24, et surtout quand quelqu'un a besoin de lui, qu'il s'agisse d'un fournisseur, d'un élu, d'un agent municipal, d'un parent, que ce soit en contact direct ou au téléphone...
Vous voulez un exemple récent? Les élections des représentants des parents d'élèves sont vendredi prochain, et le bureau de vote doit être ouvert quatre heures de suite. Voici ce que je viens de recevoir de mon administration:
En pratique, le directeur ne pouvant être déchargé de sa classe pour tenir en permanence le bureau de vote, sauf si son jour de décharge éventuel coïncide avec le jour du scrutin, il convient de confier la tenue du bureau de vote aux membres de la commission (parents d'élèves, DDEN...). Toutefois lorsqu'un électeur se présente au bureau de vote, le …

Souris...

Après la concertation, discours de M. François Hollande, ce matin, sur l’Éducation nationale...
Les français parlent aux français: la montagne a accouché d'une souris. Je répète: la montagne a accouché d'une souris.

Timeo Danaos et dona ferentes...

Iphigénie est directrice d'école à Troie. Les troyens lui confient volontiers leurs enfants pour qu'elle les éduque de façon constructive. Malheureusement, les autorités de Troie reconnaissent difficilement son implication dans son apostolat, et Iphigénie a aujourd'hui beaucoup de mal à diriger son école.
Lorsqu'un messager lui a apporté les tablettes gravées par les prêtres du temple du SNUipp, elle n'en est pas revenue! Passés les atermoiements et les circonvolutions cabalistiques du texte, il semblait que le clergé de Troie commence enfin à prêter attention à sa mission jusque là si peu reconnue.
Puis elle a reçu par un autre messager la nouvelle comme quoi les sages de Troie, réunis en assemblée, semblaient vouloir enfin reconnaître l'importance de son rôle. Elle en a presque pleuré de joie.
Depuis longtemps Iphigénie fait partie du GDID de Troie, un groupe d'hommes et de femmes assumant les mêmes fonctions qu'elle, et dont l'objectif est d'…

Pédagogie de la réussite et dimension pédagogique du directeur d'école...

Parmi les choses qui me chagrinent dans le rapport remis vendredi au Ministre de l’Éducation nationale par les membres du comité de pilotage de la "Concertation pour la refondation de l'école", il y a le fait que la pédagogie de l'enseignement n'y est abordée que par le biais de la difficulté scolaire, ou du handicap.
En effet, rien n'y est dit ou presque de la nécessaire évolution pour les enseignants de leur conception de l'enseignement. Je suis un "vieux" dans ce métier, et mon expérience me montre que beaucoup de professeurs des écoles ont une vision magistrale de leur métier, qui consiste à faire une démonstration au tableau ou pire une explication orale, puis à immédiatement donner un ou des exercices écrits qui sanctionnent l'élève sans attendre. J'ai vu ce fonctionnement avec de jeunes enseignants dès l'école maternelle!
Il est logique que les enseignants formés dans des IUFM universitaires, ou pas formés du tout, ne sachent…

Ecole et concertation: la serpe dort...

Les membres du comité de pilotage de la "Concertation pour la refondation de l'école" ont donc rendu public hier leur rapport. La recommandation que les directeurs d'école publique de France attendaient y est bel et bien inscrite, noir sur blanc, je la rappelle ici:
Définir enfin un véritable statut des directeurs d’école et leur donner les moyens pour qu’ils puissent accomplir l’ensemble de leurs missions et devenir les interlocuteurs reconnus de leurs partenaires.
C'est fort bien, évidemment. M. le Président de la République en parlera peut-être mardi, puisque c'est lui qui présentera à la Sorbonne les grandes orientations en débat pour la loi. J'écris "peut-être" parce qu'il n'est pas certain que cette recommandation là convienne au gouvernement, qui par la voix de M. Peillon a déjà exprimé en juillet dernier qu'il n'avait pas les moyens budgétaires pour la mettre en œuvre.
J'étais déjà perplexe face à cette machinerie com…