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Affichage des articles du janvier, 2013

La stratégie du ben oui, ben non...

Le présent gouvernement, comme notre Président de la République, ont adopté une stratégie étonnante que j'appellerai la stratégie du "ben oui, ben non".
Ce succédané de gestion de l’État répond à la définition suivante: je reconnais un problème, et je ne fais rien pour le résoudre. C'est ce qu'on pourrait appeler le degré zéro de l'investissement politique.
Notez que je ne reproche rien à ce gouvernement sur ce point, car il ne fait que persister dans des atermoiements dont nous autres français sommes familiers depuis trente ans. Sauf que les précédents gouvernants cachaient leur inaptitude derrière une autosatisfaction puissante (Mitterrand), une hyperactivité forcenée mais déplacée (Chirac) ou en faisant strictement l'inverse de ce qu'il aurait fallu faire (Sarkozy). Le présent staff qui nous dirige, lui, regarde et reste inerte, tel une poule devant un couteau.
Voulez-vous un exemple? Celui de la rémunération des enseignants du primaire, question …

L'exploit !

Voilà qui est fait, le décret sur les "rythmes scolaires" est paru au Journal Officiel du 26 janvier.
J'ai suffisamment exprimé sur ce blog mes réticences sur certains points, sur certaines priorités, sur certains manques, pour ne pas forcément avoir besoin d'y revenir. En revanche, je voudrais exprimer ma satisfaction sur deux points, qui sont des points importants voire primordiaux:
1) enfin nous travaillerons le mercredi matin! Je réclamais ça depuis trente ans pour éviter à mes jeunes élèves de maternelle la dramatique rupture de rythme du mercredi...
2) l'aide personnalisée disparait! Joie, Noël, félicité! Cette invention diabolique qui n'a jamais été utile à grand chose, en dépit des argumentaires fallacieux émis depuis plusieurs années par des IEN à la botte, disparait dans les poubelles de l'histoire du système éducatif français. Alléluia!
Ce décret donc, sur ces deux points primordiaux, me satisfait pleinement en tant qu'instit'. Reste à…

La chienlit...

Comment en est-on arrivé là?
Décriés, vilipendés, écrasés pendant cinq ans par un gouvernement qui les haïssait, les enseignants français accordaient au nouveau gouvernement un capital de confiance dont l'importance était à la mesure de l'espérance qu'ils mettaient en des jours meilleurs. Entendre pendant des années qu'ils étaient des profiteurs, des nantis, de plus incompétents et hostiles à tout changement, avait amené les enseignants à croire qu'un nouveau ministre, philosophe de formation et ancien professeur, saurait enfin les écouter et remédier aux maux croissants du système, comme reconnaître leur réel investissement au service de leurs élèves et remonter leur moral défaillant face à une paupérisation galopante.
La chute est brutale, et fait mal.
Après avoir écouté durant de longs mois tout le monde et n'importe qui, qui pouvait avoir une opinion aussi délirante soit-elle sur l'école et son fonctionnement, M. Peillon a enfin commencé son travail et…

La frustration du blogueur solitaire...

Ne croyez pas que je vous aie abandonnés! Une réinstallation d'ordinateur, quelques problèmes personnels, du boulot par-dessus la tête... et une puissante frustration née de la gestion au jour le jour par notre ministère des questions concernant l'école primaire publique française.
Effectivement, j'avais passé un certain nombre d'heures à écrire un fort long et fort passionnant -si, si!- billet sur les atermoiements, volte-face et autres joyeusetés de la réforme des rythmes scolaires, quand plusieurs décisions, changements et aménagements de dernière minute ont fichu en l'air tout le fond de mon article.
S'il y a un truc frustrant, c'est bien ça! Vous écrivez des tas de choses intéressantes, et paf! Par simple esprit de contradiction ceux que vous décriez remettent un peu d'ordre dans leurs billevesées. Comment voulez-vous travailler dans ces conditions?
Bon, sur le billot remet ton ouvrage, pauvre forçat de l'écriture mordante.

Le GDiD a besoin de vous !

Le GDiD, je vous le rappelle, est la seule association existante regroupant les directrices et directeurs d'école de France. Le GDiD a un objectif: obtenir un statut pour tous les directeurs d'école. C'est dans ce but qu'elle a été montée il y a maintenant plus de dix ans.
Aujourd'hui unanimement reconnue comme représentative, aussi bien par le ministère que par les principales centrales syndicales, le GDiD poursuit quotidiennement son action, et sera partie prenante dans les discussions qui doivent s'ouvrir ce trimestre quant à notre devenir.
Mais le GDiD n'est rien sans ses membres. Or aujourd'hui, si vous êtes nombreux à avoir rejoint l'association, tous n'ont pas réglé les quelques 20 € de leur cotisation 2012-2013. Ce qui représente relativement peu pour vous, mais représente beaucoup pour le GDiD. De nombreuses discussions et rencontres ont eu lieu dernièrement, qu'il s'agisse de la concertation voulue par M. Peillon, des rencontr…

L'avantage des regroupements d'écoles (quelques idées pour M.Peillon)...

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J'ai déjà exprimé l'idée que les regroupements d'écoles seront indispensables à court terme, non pas pour que le ministère de l’Éducation nationale fasse des économies, mais pour apporter à l'école de notre Nation cette impulsion que nous désirons tous et qui lui redonnera l'efficacité qui lui fait actuellement défaut.
Cette efficacité passe à mon sens par une autonomie affirmée des écoles. Continuer à centraliser l'éducation comme c'est le cas actuellement est à l'échelle de notre pays suicidaire. D'autant que le taux de fécondité français augmente notre population à une vitesse que nos voisins nous envient. Une centralisation peut se comprendre dans des "länder" de 1 à 10 millions d'habitants, pas avec 65 millions de français!
Cette autonomie dans les projets et l'organisation pédagogique, qui doit être affirmée et pérennisée, est conditionnée par l'octroi aux directeurs d'école d'un statut juridiquement clair aux mi…

Et maintenant, ta ta ta ta... que vais-je faire ?

Comme prévu, le projet de décret de M. Peillon sur le changement des rythmes scolaires a été recalé par le Conseil Supérieur de l’Éducation. Rejet massif d'ailleurs, que même M. Darcos en son temps n'avait pas connu.
Il est prévisible que ce même décret paraîtra tout de même rapidement au Journal Officiel, M. Peillon pouvant difficilement -hélas- tout remettre sur la table. D'autant que l'Association des Maires de France (AMF) a voté pour, ce qui est un comble quand on connaît l'argument utilisé: "l'échec scolaire coûte beaucoup trop cher à la société", a effectivement expliqué son vice-président Pierre-Alain Roiron. Si M. Roiron pense que les changements apportés résoudront l'échec scolaire, je crains qu'il ne se prépare que de fortes désillusions.
Car en fait, que reprochent à ce projet ceux qui ont voté contre? La même chose que moi: c'est trop, ou trop peu. Rejetons l'argument du "trop", qui ne tient pas, et conservons p…

Rythmes scolaires, désastre annoncé...

Ainsi donc le ministère a rendu sa copie sur la première partie de la "refondation" de l'école, en remettant aux syndicats pendant les vacances de Noël son projet de décret sur les rythmes scolaires.
Ce texte sera sera soumis au Conseil supérieur de l'éducation (CSE) le mardi 8 janvier.
Autant dire tout de suite qu'il fait grincer les dents. Pour trente six mille raisons toutes plus pertinentes les unes que les autres.
Rappelons que les élèves de France ont plus d'heures de travail que la moyenne de leurs condisciples des autres pays de l'OCDE (25% de plus que les petits finlandais), mais surtout que ces heures sont concentrées sur un nombre de semaines très réduit. Il était donc nécessaire de mieux répartir ces heures, et en ce sens ajouter le mercredi matin la demi-journée qui nous avait été unilatéralement enlevée il y a quelques années n'est pas une mauvaise chose. Il aurait également fallu augmenter le nombre de semaines de classe, quitte à les …

La clé du succès...

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"All evidence shows that supporting the professional development of school principals and leaders is a key to success in any reform aimed at improving the quality of education and transforming the school culture."
"Toutes les preuves montrent que le soutien au développement professionnel des directeurs d'école et des chefs d'établissement est une clé du succès de toute réforme visant à améliorer la qualité de l'éducation et transformer la culture de l'école."
C'est Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO, qui a prononcé ces mots. Tous ceux qui observent l'école, de l'intérieur de la structure comme de l'extérieur, ont conscience de cette évidence : le leadership exercé par le directeur d'école constitue un élément déterminant de la réussite scolaire. Les acteurs de l'école le savent, les observateurs et les penseurs le savent, les municipalités le savent, les parents d'élèves le savent. Les seuls qui l'ignore…

Clic, clic, bang bang !

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Établissement primaire d'enseignement de Trifouillis sur Globule, octobre 2027.
Le journaliste du Soir: - Monsieur le Directeur, bonjour.
Le Directeur: - Bonjour.
- Monsieur le Directeur, cela fait maintenant deux ans que les Directeurs d'établissement primaire français sont armés par l’État. Quel bilan pouvez-vous faire aujourd'hui de cette mesure?
- Eeeh bien, ce fut une excellente idée. Depuis le massacre de Pigtown en 2019 et ses 293 victimes, il était clair que la France devait réagir comme les États-Unis, en armant les cadres scolaires. Nos amis américains ont vu franchement baisser depuis huit ans le nombre de victimes des massacres scolaires grâce au dévouement des Directeurs d'école, qui ont depuis 2019 abattu près de 1378 tueurs potentiels. Heureusement, en France, à part la malheureuse histoire de Champignon-sur-Seine où le Directeur a zigouillé par erreur le concierge de son établissement, aucun Directeur d'établissement primaire n'a encore eu à utili…

Voeux...

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