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Affichage des articles du février, 2013

L'immobilisme imposé...

Josette Théophile fut, sous le pontificat de Nicolas Sarkozy, DRH de l’Éducation nationale, fonction nouvelle à l'époque, signe frappant de la façon entrepreneuriale dont le gouvernement souhaitait diriger le ministère.
Elle a récemment signé dans Le Mondeun article étonnant qui montre le fonctionnement sclérosé d'une institution qui a conservé des réflexes et des habitudes des XIXème et XXème siècles parfaitement hostiles à toute velléité de modernisation.
Je ne sais si, lorsqu'elle était DRH, Mme Théophile a montré autant d'empressement auprès de Luc Chatel pour dénoncer l'enlisement du système. Quelques discrètes déclarations de sa part, à l'époque, semble montrer qu'elle avait assez bien cerné les difficultés qu'elle avait à surmonter. Mais que faire contre un diplodocus de cette taille? Surtout lorsqu'on sait que la taille de l'animal arrange bien un certain nombre de hauts fonctionnaires qui vivent sur la bête.
Mme Théophile emploie aujou…

Le couvercle...

Je suis déprimé. Cédant aux vieilles lunes de la profession, les enseignants français étaient en partie hier en grève et pour beaucoup dans la rue, au nom de revendications obscures et différentes que je défie quiconque de comprendre. Ce qui bien été le cas pour les médias, lesquels donnaient chacun une version différente des raisons de cette mobilisation.
Pour les uns les protestataires refusent la réforme des rythmes scolaires, pour d'autres ils ne refusent pas la réforme mais son application en 2013, etc. Pas un quotidien n'affichait les mêmes titres que ses concurrents. Allez vous faire entendre de la population dans ces conditions!
Comme directeur d'école, je serais pourtant bien placé pour donner une version exhaustive des évènements. Mais les motivations des uns et des autres me sont tout aussi obscures que pour n'importe qui. Il y a ceux qui refusent la réforme. Fort bien, je peux l'admettre. Mais pourquoi? Depuis des années tout le monde râle contre la se…

Un appel à la cohésion...

Nous autres, directeurs et directrices d'école, vivons actuellement une période difficile. Les appels à la grève, les réticences plus ou moins fortement exprimées quant au changement des rythmes scolaires, les difficultés à se faire entendre de certaines municipalités, ou les revendications salariales, et j'en oublie certainement, mettent à mal notre conscience d'enseignant. Car nous sommes d'abord enseignants, bien entendu. Toute cette atmosphère pesante que nous vivons actuellement est certainement compliquée à vivre pour beaucoup d'entre nous.
Néanmoins, nous ne devons pas oublier qu'un problème majeur du système éducatif public français est la place particulière des directeurs d'école du primaire. Notre situation ne s'améliore pas, elle aurait même plutôt tendance à quotidiennement se compliquer. Sans existence juridique, sans le temps nécessaire à notre travail, sans reconnaissance institutionnelle ni salariale, nous ne pouvons pas exercer notre m…

Le dirlo en a plein le dos !

Dieu que la période est difficile!
Avec le temps désagréable qui est le nôtre depuis des mois, la fatigue se fait cruellement sentir. D'autant que les enfants sont infernaux , et quand on en a trente de quatre et cinq ans je peux vous garantir que ce n'est pas tous les jours de la tarte! C'est bruyant, trente loupiots de cet âge, même quand ils sont sages. Pas de décharge, bien sûr, alors la direction d'école quand arrive 17 heures, pffff... J'ai plus envie -ou besoin- d'aller me coucher qu'autre chose.
- Un certificat de scolarité? Bien sûr Madame, pas de souci, je vous fais passer ça ce soir.
Je me plains, mais je les trouve bien mignons quand même, mes petits monstres. Leur sourire, leurs yeux qui pétillent, quand je les félicite d'un travail réussi, ou d'un effort flagrant, vaut encore beaucoup à mes yeux, et me remonte souvent le moral. Et puis nous passons tout de même six heures ensemble presque chaque jour, ne me faites pas croire que cela n…

Le Directeur d'école de demain...

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Le fonctionnement pyramidal de l’Éducation nationale en France n'a jamais autant montré ses limites qu'aujourd'hui. Hérité du XIXème siècle, où un centralisme fort était nécessaire pour fédérer le pays autour de valeurs républicaines communes -surtout après une guerre de 1870 perdue et traumatisante-, ce prototype est aujourd'hui battu en brèche par la décentralisation. D'aucuns regretteront leurs illusions perdues du "tout État", qui s'échappent avec le "grand soir" et autres utopies égalitaires qui ont surtout largement démontré leur corollaire d'écrasement de l'individu au nom du bien de la collectivité. Mais la décentralisation est nécessaire à une époque où les distances de toutes sortes s'amoindrissent, et où le fédéralisme comme la gestion déconcentrée sont des réalités quotidiennes adaptées aux besoins des populations. L'Europe ou la France des régions ne sont plus des utopies, ou des résidus d'ancien régime, mai…