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Affichage des articles du avril, 2013

La troisième voie...

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Être directeur d'école aujourd'hui, c'est jongler continuellement entre son travail de classe et sa mission de direction. Oui, je l'ai déjà expliqué, 96% des directeurs d'école ont charge de classe, si l'on fait abstraction des directeurs d'école parisiens qui sont dans une situation particulière puisque déchargés de leurs élèves par la Mairie de Paris. Pire, 38% des directeurs d'école ont leur classe... à temps plein! Le travail de direction pourrait ne se faire qu'après les six heures quotidiennes avec les élèves, mais c'est quand le directeur est présent que les adjoints, les familles, l'administration, la Mairie ou.... bref tout le monde... a besoin de lui. Le téléphone n'attend pas 17h pour sonner. Sans parler de l'énergie nécessaire pour ne pas laisser ses élèves en déshérence ni abandonner son école à vau-l'eau.
Autant dire qu'être directeur d'école en 2013 est une mission impossible. Croire le contraire, c'es…

Trois mesures urgentes, three urgent measures, tres medidas urgentes...

Trois mesures urgentes à prendre pour les directeurs d'école:
Mesure 1: supprimer totalement les activités pédagogiques complémentaires pour tous les directeurs d'école. Cela ne coûte rien, et donne du temps à la direction d'école pour sa mission.
Mesure 2: généraliser le point supplémentaire accordé aux directeurs d'école pour l'accès à la hors-classe. Cela ne coûte rien, et valorise les directeurs d'école.
Mesure 3: affirmer l'autonomie des écoles dans leurs projets et leurs pratiques pédagogiques. Cela ne coûte rien, et donne de l'envergure aux directeurs d'école.
Three urgent measures to take for the headmasters:
Measure 1: eliminate totally the additional educational activities for all the headmasters. It costs nothing, and gives of time to the management of schools.
Measure 2: generalize the additional point granted to the headmasters for the access in her except class. It costs nothing, and values the headmasters.
Measure 3: assert the autonom…

Sous la pergula...

Encore une fantaisie pour les vacances!
A Rome, sous un balcon proche du forum...
- Aeduius Claudius, tu es là? - Salut à toi, Arvernus Cornelius! - Ave, Aeduius. Dis, ta pergula est plus claire que la mienne. Je n'y vois rien, moi, pour enseigner. - Oui, Faustus Claudius me traite bien. Je n'ai pas reçu le fouet depuis longtemps. Et toi? - Tu sais que je suis moi-même affranchi depuis Sextilis. Et toi alors, quel effet cela te fait-il d'avoir été enfin libéré de ta servitude? - J'ai l'impression d'être enfin quelqu'un. C'est fou ce qu'un statut clair peut faire de bien au moral! - Je suis bien d'accord avec toi. Dis, tu as une discipula qui regarde les mouches, là. - Par Jupiter! Tu veux tâter de la férule, Flavia Calpuria? - Non, magister. Unum et unum, duo, duo et duo quattuor... - Tu leur apprends à compter? - Oui, mais cette engeance n'est guère attentive. La scutica ne chôme pas... - Tu devrais essayer la pédagogie. - C'est quoi, …

Science-fiction...

Un peu de détente pour les vacances...

An 2430 a.c., Constellation du Centaure, sur le vaisseau Schola  Massiliae:
- Commandant, Commandant! - Appelez-moi Directeur, bon sang! - Ah oui, Directeur, j'ai oublié... - Alors? - Les navettes des Alumni commencent à graviter autour du vaisseau. - Bon sang! Et Douglas qui n'est pas encore arrivé, toujours à la bourre. Pas de nouvelle du Magister Douglasi? - Non. En revanche, la navette Alumnus Jordanus est là. Il faut que vous coinciez les parents, ils ne m'ont toujours pas donné leur attestation d'assurance solaire. - Et m...! Comment voulez-vous que je fasse, tant que Douglas n'est pas arrivé, je dois faire mon accueil. A moins de rester dans la coursive... C'est pénible, cette décharge qui n'est jamais à l'heure. D'ailleurs, quelle heure est-il? - 234,22 en temps galactique. - Je vais traîner un peu, j'ouvrirai à 28 au lieu de 26. - Les parents vont râler. - Tant pis. Je ne peux pas conduire ce vaiss…

Des livres, ou des fusils?

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Je vais me faire l'écho d'une information qui n'a que peu à voir avec l'objectif premier de ce blog. Néanmoins l'enseignant de primaire que je suis ne peut rester inerte face à l'image que je vous livre plus bas dans ce billet, et dont j'ai traduit le texte pour vous.
Le Sénat américain a rejeté mercredi dernier une loi sur le durcissement des contrôles sur les armes à feu. Certes les États-Unis sont de ce point de vue un pays particulier qui garantit dans sa Constitution le droit à chacun de se protéger lui-même, mais il n'en reste pas moins que sur certains points la logique américaine m'échappe.
L'association Moms Demand Action milite activement pour le contrôle de l'armement privé aux États-Unis. Le magazine L'Express s'est fait le relais de leur dernière campagne revendicative dont l'image m'a donc fortement frappé. Je suis sûr que vous n'y serez pas non plus indifférent (cliquez sur l'image pour l'agrandir)…

Une revendication catégorielle peut-elle être apolitique?

J'ai entendu gémir certains suite à la parution de mon avant-dernier billet intitulé "Le mille-feuilles": "Ouiiii, tu tapes sur la gauche, on est quand même bien mieux considérés maintenant que sous Sarko..." et patati et patata.
Nonobstant le fait que je n'ai pas grand chose à faire de ce genre de critique, j'ai réfléchi à la teneur de ce fameux billet en me demandant si j'avais été injuste. Je me suis également posé la question de savoir si la revendication que je porte et qui est la raison d'être de ce blog, soit l'obtention d'un nécessaire et urgent statut pour le direction d'école, pouvait être apolitique.
A ces deux questions, je réponds avec force et détermination par la négative.
Comment pourrais-je faire abstraction des conditions politiques de mon pays, ou de son gouvernement quel qu'il soit, dans la mesure où c'est bien cette volonté politique qui fait aujourd'hui cruellement défaut pour que les directeurs d&#…

Deux poids, deux mesures...

Selon son département d'exercice, le directeur d'école sera plus ou moins bien traité par les services de son académie, et en particulier par son Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale, ou DASEN. Deux poids, deux mesures... ou plutôt autant de mesures que de DASEN!
Une partie des Inspecteurs de l’Éducation Nationale, ou IEN, vient de l'enseignement primaire. On peut donc espérer de ceux-ci une connaissance particulière des conditions de travail des directeurs d'école, connaissance souvent vérifiée, mais hélas aussi parfois infirmée lorsque l'IEN est un ancien professeur du secondaire. Notons que ces gens-là sont destinés à évaluer un travail dont ils ne connaissent rien ou pas grand chose, sinon au travers d'études diverses et fumeuses souvent internes à l’Éducation nationale, ce qui amène des situations ou des réflexions qui pourraient être cocasses si les rapports des IEN avec les enseignants des écoles n'étaient pas si faussés, les I…

Le mille-feuilles...

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La "gauche", ou qui se prétend telle, est une adepte forcenée du mille-feuilles. J'entends par là qu'incapable d'envisager de retrancher quoi que ce soit, elle n'envisage une quelconque politique qu'en terme d'accumulation. Surtout je n'enlève rien, mais j'y ajoute une couche supplémentaire.
Cette réflexion générale sur les divers gouvernements de gauche qui depuis trente ans ont pu gouverner ce pays, comme sur notre gouvernement actuel, se vérifie dans tous les domaines de la gestion publique. L'exemple le plus frappant est bien entendu celui de nos impôts, dont l'empilement des diverses couches a pris une telle hauteur que la pile est clairement en train de s'effondrer. Je ne citerai que pour mémoire également la création ultime en ce domaine, celle par Michel Rocard en 1990 de la CSG, extraordinaire impôt sur l'impôt dont l'idée ne pouvait germer que dans l'esprit brillantissime d'un adepte forcené du mille-feui…

Le salaire des enseignants du primaire par heure devant élèves...

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Je lis une telle quantité d'âneries sur le net ou dans les journaux, j'entends tellement de stupidités non étayées sur ce sujet, que je vous ai fait un tableau récapitulatif.
Celui-ci donne le salaire moyen statutaire en 2010 des enseignants du primaire des écoles publiques de l'OCDE par heure passée devant élèves, dans la mesure où les chiffres sont disponibles, en équivalent dollars américains (USD) convertis sur la base des parités de pouvoir d'achat (PPA) pour la consommation privée. La source des données est le document "Regards sur l’éducation 2012" de l'OCDE.
Je ne ferai pas de commentaire particulier, le tableau est suffisamment parlant quant à la considération que l’État français accorde à ses enseignants du primaire. Cliquez sur l’image pour l'agrandir.

Complément d'information (ajouté le 20 avril 2013):

Je ne veux pas toucher aux chiffres fournis par l'OCDE, car je manque d'information sur les pratiques des autres Nations. Néanm…

Le laminoir...

Texte invité

Mon grand-père, ingénieur aux Tréfileries du Havre à une époque où ce genre de diplôme passé en autodidacte représentait une somme démentielle de sacrifices, connaissait bien les laminoirs. Outils de base de ceux qui travaillent industriellement le métal, les laminoirs furent pour ce grand-père qui hélas disparut alors que j'étais en bas-âge le décor quotidien de ses longues années de travail.
Il eut certainement été charmé d'apprendre qu'un de ses petits enfants perpétuait la tradition familiale, avec une légère nuance toutefois, celle qui veut qu'au lieu d'en faire usage à des fins industrielles je n'en suis qu'un produit, écrasé quotidiennement par un passage régulier entre les cylindres puissants que sont mes deux métiers que je pratique simultanément.
Ne l'ai-je point déjà exprimé? Directeur d'une petite école maternelle, je suis partagé entre ma fonction d'enseignant, six heures par jour avec trente élèves de quatre et cinq an…

Foutage de gueule (bis)...

Un pur bonheur! J'en ai trouvé plein! Un vrai régal d'esthète du foutoir républicain. Avec systématiquement la même réponse, ou plutôt la même absence de réponse. Ce ne sont plus les Rois du copier-coller, mais les Empereurs de la discipline, les Dieux du pitonnage et du tapotage de clavier éhonté. C'est insurpassable! Je m'incline bien bas devant une telle démonstration de je-m’en-foutisme étendu sur six mois. Les voilà par ordre chronologique (en attendant une éventuelle livraison ultérieure, mais je sens que je vais me lasser):
1) M. Philippe Vitel, question du 30 octobre 2012; 2) M. Alain Bocquet, question du 13 novembre 2012; 3) M. Éric Jalton, question du 13 novembre 2012; 4) M. Yves Jégo, question du 13 novembre 2012; 5) M. Philippe Baumel, question du 20 novembre 2012; 6) Mme Thérèse Guilbert, question du 27 novembre 2012; 7) M. Kléber Mesquida, question du 4 décembre 2012; 8) M. Jean-Pierre Blazy, question du 11 décembre 2012; 9) M. François-Michel Lambert, q…

Foutage de gueule intégral...

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Je ne sais pas si les représentants de la Nation prennent ou non leur rôle au sérieux, toujours est-il que le ministre de l’Éducation nationale, lui, se paye leur tronche avec une allégresse non dissimulée. Il faut dire que nos députés se fichent manifestement des réponses du gouvernement comme de l'an 40.
Pourquoi j'écris ça? Parce qu'en remontant un peu l'ordre des réponses du ministère de l’Éducation nationale aux questions concernant la question cruciale de la direction d'école dans notre Nation, question malheureusement mise encore un fois en avant avec hier la disparition tragique d'une collègue, je me suis rendu compte que nos hauts fonctionnaires font du copier-coller un art de haute voltige (oui, j'ai déjà évoqué ça hier dans un autre billet, mais les preuves s'accumulent avec une ténacité stupéfiante), et que soit aucun des députés ainsi interpellés ne s'en est rendu compte, soit ils s'en tamponnent le coquillard, préférant sans doute…

Les directeurs d'école en deuil...

Une collègue directrice s'est donnée la mort ce matin, dans son école.
Au delà du drame qui frappe une famille et une école, et qui ne peut susciter que compassion et tristesse, c'est de la colère que je ressens.
De la colère parce que, comme il était prévisible, le premier réflexe du directeur académique du Territoire de Belfort a été de déclarer que notre pauvre collègue aurait «mis fin à ses jours pour des problématiques d'ordre personnel».
Oui, Monsieur Mellon, c'est forcément parce qu'on ne va pas bien qu'on se tue. Non, Monsieur Mellon, un enseignant, et plus encore une directrice d'école, surtout consciente de son devoir comme vous l'avez vous-même décrite, ne se suicide pas sur son lieu de travail par hasard. N'y voir qu'un malheureux hasard, c'est au mieux se voiler la face, au pire prendre les directeurs d'école de ce pays, les enfants, les parents d'élèves, pour des imbéciles. C'est nier le stress, la responsabilité d…

Un ministère de feignasses ?

Dans la rubrique "Les ravages de l'informatique", voici une illustration supplémentaire des méfaits numériques au sein du ministère de l’Éducation nationale. Après Base-élèves et Affelnet, programmes farfelus élaborés en interne par des savants fous dans des laboratoires que j'imagine constitués de vieux MO6 ou TO7 alternant avec cornues et autres flasques dans lesquelles fermentent des produits nauséabonds, nous assistons désormais au règne du copier-coller, que j'estimais digne d'étudiants feignasses écrivant leurs mémoires d'études à grands coups de Wikipédia. Eeeh oui, il n'y a pas que les faceux décérébrés qui aient l'auriculaire sur Ctrl ou Pomme et l'index sur C...
J'ai évoqué dans mon précédent billet la réponse lamentable faite à ce pauvre M. Baumel, député méritant de Saône et Loire qui s'intéresse au sort des directeurs d'école. Voici aujourd'hui celle faite au non moins méritant M. Bocquet, député du Nord qui lui a…

Sur le parvis de l' État...

Je suis outré par la réponse apportée le 26 mars dernier par le ministère de l’Éducation nationale à la question écrite de M. Philippe Baumel, député de Saône et Loire. Je crois difficile de faire plus "langue de bois" que ce texte fumeux qui prétend éclaircir "les mesures... pour répondre aux attentes des directeurs d'écoles".
Le ministère commence par décrire le cadre de notre travail. Pourquoi pas. Mais se contenter de reprendre au mot près les textes officiels qui régissent notre mission ne peut suffire dans la mesure où notre apostolat présent n'est absolument pas contenu dans les termes généraux du décret de 1989. Nous sommes en 2013! Et notre métier n'est plus -plus du tout- celui d'il y a24 ans! Je ne ferai pas le détail de ce qui a changé, forcément en mal, ni de la lourdeur de notre tâche aujourd'hui, vous êtes suffisamment hélas au courant si vous lisez ce billet, et j'en parle assez depuis des mois. Je citerai juste pour mémoire…