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Affichage des articles du septembre, 2013

Architecture sacrée...

On m'a reproché -gentiment- de me disperser dans les billets que je vous livre, et de trop évoquer (je résume) l'école en général, et ses problèmes actuels, au détriment de la direction d'école, qui devrait faire l'essentiel de la teneur de ce blog.
Toute critique comme toute erreur étant formatrice, et certainement symptomatique, je me suis penché sur la question avec curiosité, et en pliant les genoux comme tout bon instit' de maternelle qui sait ce que sont les problèmes de dos.
Je suis arrivé à la conclusion que loin de m'égarer je restais au contraire pleinement dans mon sujet. N'aborder les problèmes de l’Éducation nationale qu'à travers le prisme déformant de la direction d'école serait une erreur. L'école est une globalité, une entité qui adopte un fonctionnement propre, une architecture complexe qui diffère selon le lieu où elle est placée, et si le directeur d'école missionné pour appliquer les textes qui la régissent en est la cl…

Mais qu'est-ce qui leur prend?

Enseigner en primaire n'a jamais été facile, contrairement à ce que peuvent imaginer les tenants nostalgiques d'une époque révolue ou les hérauts d'une "école" qui n'a jamais existé que dans des souvenirs faussés par le temps. Mais mission, programmes, responsabilités et devoirs des "maîtres d'école" ont tout de même tant changé depuis même mes débuts dans la carrière que ce qui fut à l'origine une vocation -et un moyen de changer de statut social- est devenu au fil des décennies qui s'écoulaient un métier extrêmement exigeant, compliqué, voire risqué. L'école primaire -la première école- est aujourd'hui la pierre d'achoppement de toutes les frictions de la société française.
C'est en primaire que se font jour les blessures sociales. Ce lieu dans lequel devraient disparaître toutes les différences entre les individus, ce creuset républicain qui devrait offrir à chaque enfant toutes les opportunités sans qu'il soit qu…

L'affaire Risso...

Si je fais dans le titre de ce billet une allusion claire à "l'affaire Dreyfus", ce n'est pas par hasard. Certes il faut toute proportion garder, et la gravité des évènements actuels n'a évidemment pas de mesure avec le drame national que fut à la charnière du XXème siècle le déballage hystérique et antisémite qui divisa la France.
Je vois néanmoins avec le procès en sorcellerie qui est fait à notre collègue Jacques Risso de nombreux similarités. A commencer par un dossier à charge totalement ahurissant, mêlant courriels personnels, dessins de presse, rumeurs et dénonciations. De quoi aussi largement diviser, et semer la panique dans un village qui pour beaucoup d'entre nous prend soudain une place particulière sur la carte de France. Je ne savais pas où était Rustrel, je n'en connaissais pas l'existence, et j'aurais préféré en percevoir la beauté par d'autres biais qu'une affaire aussi lamentable.
Le fond de l'affaire est clair: des …

Dernières nouvelles du front...

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La rentrée a trois semaines, et s'il est trop tôt pour en tirer quelque conclusion définitive, on peut du moins fortement nuancer les appréciations officielles qui nous furent susurrées dès le premier jour par divers ministres, appréciations proches de la méthode Coué et qui m'ont fortement rappelé un sketch célèbre de Dany Boon "Je vais bien, tout va bien!"...
Moi je trouve que c'est le bordel. Mais bon, c'est un sentiment tout personnel, hein. Et puis traînent aussi quelques odeurs nauséabondes qui me gênent un peu...
D'abord, en ce qui concerne les écoles qui sont passées au nouveau rythme de quatre jours et demi, il semble que le système soit franchement bancal, ce qui était logique vue la franche impréparation de la chose. Tout ce fatras, au lieu de diminuer la fatigue des élèves, aurait plutôt tendance à l'accentuer. On verra à la Toussaint, mais pour l'instant c'est plus proche d'un joyeux foutoir que d'autre chose. Ce qui me r…

Une histoire peu claire...

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Notre collègue Jacques Risso, directeur et enseignant de l’'école du village de Rustrel, dans le Vaucluse, a été suspendu de sa mission de direction d'école la veille de la rentrée scolaire.
Jacques, vous le connaissez sous le pseudonyme de Jac. Jac propose sur son site de nombreux dessins et caricatures pour dénoncer l'absurdité quotidienne d'une direction d'école sans statut, et par conséquence malheureusement à la merci de tout et de tous.

Ce qui lui arrive est une triste illustration du fait que le directeur d'école, esclave d'une administration qui n'aime pas qu'on la dérange, est souvent le bouc émissaire d'une situation que l’Éducation nationale ne peut pas dénouer sans avouer son incompétence. Sans statut, les directeurs d'école sont des fusibles pratiques, qui court-circuitent le cheminement normal de problèmes qui s'ils suivaient un parcours logique devraient monter beaucoup plus haut dans la hiérarchie de l’Éducation national…

Sortir la tête de l'eau!

Difficile de ne pas se noyer en ce moment quand on est directrice ou directeur d'école. Se partager entre sa classe, les responsabilités croissantes de la mission de direction, l'organisation des élections et des APC, la fin de la gestion de la rentrée avec ses joyeusetés (fiches de renseignements, assurances, Base-élèves, Arc-en-Ciel, gestion des 108 heures, j'en passe et des meilleures...), c'est à coup sûr accumuler les heures de travail, mal dormir et avoir le cerveau qui bouillonne.
Le lexomil n'étant pas une solution, il vous faut apprendre à vous relaxer. Inutile d'essayer de le faire dans votre bureau lorsqu'il est accessible, vous serez définitivement tenté de remplir les cases d'un tableau Excel ou de finir ce courrier que vous auriez dû envoyer depuis trois jours.
Non, la seule solution, c'est de dire "Stop!". Vous arrêtez, tout peut attendre. L'urgence ne peut être que celle que l'on se donne. Vous n'êtes pas surhu…

La DEPP occulte...

La DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), organe interne à l’Éducation nationale chargé comme son nom l'indique d'évaluer le fonctionnement du diplodocus, fait paraître régulièrement -sauf si on l'en empêche comme le faisait avec allégresse certain gouvernement récent "de droite"- des études et autres "notes d'information" dont l'intérêt et la pertinence varient selon la connaissance du sujet et le sérieux de la recherche.
La DEPP a fait paraître mi-juillet une note sur le temps de travail des enseignants du 1er degré. Le public, les politiques et les médias étant persuadés que les professeurs du primaire baguenaudent avec insouciance en profitant d'incommensurables loisirs, je ne peux que saluer l'initiative.
Néanmoins, lecture faite, je reste très dubitatif quant aux chiffres présentés par cette note, et fort circonspect quant à la pertinence des observations concernant les directeurs d'école. Ou…

Dieu que cette rentrée est difficile!

Pour diverses raisons inhérentes à l'école dont je suis directeur, cette rentrée 2013 est particulièrement compliquée, et fatigante. Je ne suis certainement pas le seul à devoir quotidiennement, outre redonner à mes trente loupiots de quatre et cinq ans le sens de fonctionnement de la classe (être calme, ne pas crier, ne pas courir...), gérer une multitude de petites choses énergivores: organiser ci, régler ça, préciser ceci, rectifier cela. C'est chaque minute de mon temps de professeur/directeur qui est pris par une action ou la nécessité d'une réflexion pour que cette école -nom de nom!- tourne correctement.
Et puis, il y a évidemment les nouveautés, APC en tête. Ces magnifiques Activités Pédagogiques Complémentaires sensées compléter les journées déjà bien pleines de mes élèves, alors que ma commune d'exercice fonctionne toujours sur quatre jours. Si je calcule bien, mes pitchounes auront parfois des journées de sept heures ou presque... Bel exploit! L'année 2…

Rouages...

On y est, la machine s'est mise en route. L'énorme mécanisme de l’Éducation nationale a commencé à tourner. Ça grince, ça couine de partout, ça manque cruellement de lubrifiant, mais comme chaque année à la même époque les rouages du système s'ébrouent puis s'ébranlent. Il manque des dents à certaines roues, d'autres sont franchement rouillées, quelques-unes, grippées, bougent avec peine mais tentent courageusement de faire ce pour quoi elles ont été construites.
Comme d'habitude, ce sont les plus petits rouages qui se sont mis à tourner les premiers. Les minuscules roues cuivrées se sont élancées avec vigueur et énergie, quelques-unes même tournent à plein régime et depuis pas mal de jour: celles-ci sont appelées les "directrices d'école" et les "directeurs d'école". A leur suite elles ont commencé à entraîner les petits rouages enseignants qui leur sont parallèles.
Tels des mécanismes à tourbillon, les rouages de base sont pour l&…