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Affichage des articles du février, 2014

Petit séjour en Absurdie...

Depuis de nombreuses années beaucoup de rapports et constats sur l'enseignement primaire déplorent l'absence d'enseignants expérimentés dans les secteurs où ils seraient les plus utiles, précisant que les postes difficiles en ZEP, RAR ou ECLAIR sont dévolus aux enseignants débutants.
Certes, certes... Difficile de nier la réalité des faits. Moi-même par exemple j'ai commencé ma carrière par quinze années de remplacement, sur une "circonscription" dont la majeure partie était en ZEP. J'ai continué en ZUS (Zone Urbaine Sensible) comme enseignant puis comme directeur, et aujourd'hui je suis tranquillement installé dans une commune semi-rurale qui ne rentre dans aucune des catégories susmentionnées. Je dois préciser que je ne suis plus aujourd'hui que directeur de deux classes, les trois autres ayant fermé aux cours des années. D'ailleurs...
Portrait!
Je suis un enseignant de maternelle très expérimenté, spécialiste de la petite enfance, aux résu…

Quelques considérations d'une personne d'âge...

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » (Proust: Du côté de chez Swann)
Moi, ce fut l'inverse. J'ai pu longtemps faire durer mes soirées jusqu'à des heures indues. J'étais encore jeune, résistant, peu enclin au sommeil dont j'avais peu besoin. Puis il y a sept ou huit ans il m'a soudain fallu sept ou huit heures d'une nuit calme pour arriver à récupérer de mes journées de travail; couché à 10h30, je peux me lever à 6h le matin l'esprit suffisamment dégagé pour envisager sereinement de trimer une journée de plus -un café est néanmoins indispensable!-. Je peux raisonnablement estimer que je me suis pris à quarante-cinq ans un bon "coup de vieux".
Je reste tributaire pour mes nuits de conditions particulières. Un coup de vent peut me réveiller, une pleine lune m'est néfaste sa veille ou son avant-veille et m…

Le mercredi au soleil...

Un clair soleil d'hiver frôle ce matin mon clavier. Un léger rayon de poussière s'en élève, révélé par une lumière particulière, un peu froide, éloignée de celle de l'été. Il y a néanmoins comme une sensation printanière.
Comme ma commune d'exercice n'est pas passée aux nouveaux rythmes scolaires, c'est un de mes derniers mercredi matin au calme. Il faut que je les savoure, ces instants dont le nombre va s'amenuisant de semaine en semaine. Des instants de simple récupération, où je peux retomber sur mes pieds, sans cris dans les oreilles, sans excitation.
Du coup, je me pose la question: comment vais-je organiser mon temps l'année prochaine? L'emploi que j'en fais pour mes élèves, malgré ma volonté de rester le plus proche possible de leurs besoins, est aujourd'hui fatigant pour tous. J'ai toujours voulu travailler le mercredi matin, en lieu et place du samedi matin, espérant éviter cette rupture qui faisait du jeudi matin un "peti…

Humeur: Raaaah! Epargnez-moi!

Hommes politiques ou journalistes, qui souvent se tiennent la main, ont continuellement besoin de se prouver leur importance. Leur besoin de reconnaissance sort de l'ordinaire, ils ont besoin d'être remarqués voire adulés. Cette nécessaire existence médiatique se passe de justification, elle n'existe que par elle-même, et n'a que peu à voir avec la conscience. Pour un politique tout est bon pour faire parler de soi: une inondation quelconque, un exploit sportif, un film récent... Ceci les amène bien entendu à donner leur avis sur des sujets auxquels ils ne comprennent rien, quitte à dire une gigantesque ânerie ou se faire le relais de groupuscules aux objectifs nauséeux -M. Copé en est un excellent exemple qui a commis l'exploit récent de cumuler les deux-. Et avec Twitter on touche le fond, la précipitation y tient lieu de pensée: "c'est moi le premier qui l'ai écrit!" Si la bourde est reprise en boucle par des médias qui ne tiennent que par l&#…

Un tissu à découdre...

Je viens de lire avec un certain plaisir le dernier bloc-notes de Philippe Watrelot. D'abord parce qu'il y exprime en partie ce que je clame, réclame et proclame depuis des années, et depuis deux ans sur ce blog, ensuite parce qu'il apporte quelques arguments supplémentaires qui je le pense font "mouche"!
Philippe Watrelot évoque en avant-propos la fumeuse question du gel de l'avancement des fonctionnaires qui avait inopinément surgi la semaine dernière et que j'avais évoquée ici. Il le fait en termes très efficaces:

Rumeur ou ballon d’essai ? On sait que c’est une pratique malheureusement assez courante chez les politiques de tester une idée en petit comité, de laisser “fuiter” et de voir ce que ça provoque comme réactions. Mais on peut aussi se demander si la rumeur n’est pas utilisée pour déstabiliser.

Philippe Watrelot a raison. Je crois personnellement à une imprudence de langage exploitée fort à propos par des journalistes pour des raisons électoral…

Expectare necessitatem...

"Ô temps ! Suspends ton vol"...
Si j'appelle Lamartine à mon aide, c'est pour souligner à quel point enseignants du primaire comme directeurs d'école sommes présentement dans une totale expectative.
Beaucoup de choses ont été dites sur l'école depuis deux ans et les élections présidentielles. Beaucoup d'absurdités, de cafouillages et d'erreurs ont été dénoncés par les uns comme par les autres, sur le terrain comme par M. Peillon ministre de l’Éducation nationale. Certains changements nécessaires ont été lancés comme celui des rythmes scolaires, qui ne sont pas faits sans quelque douleur parfois. D'autres sont en gestation ou en discussion, qui laissent les enseignants, les directeurs d'école, les familles, dans l'attente ou le doute.
Je suis humain, j'ai comme vous tous du mal à attendre. Il faut dire que le temps de nos élèves n'est pas le nôtre, encore moins celui du ministère, ni celui des familles. Mes propres disciples de qua…

De l'école, de son rôle, de sa chute, de ma paye...

"Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l'on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu'il s'agit d'une vérité incontestée, d'un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'êtes pas juge.
Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le…

Pensée magique et refondation...

L'école publique française, à l'image du pays, semble sens dessus-dessous. Mais si on en parle autant aujourd'hui, si elle est devenue un enjeu politique, c'est certes pour en dénoncer les travers mais aussi parce qu'elle reste néanmoins une des dernières bases stables de notre Nation. Comprenons-nous bien: en dépit de quotidiennes remises en cause, d'injonctions diverses, contradictoires, futiles, inutiles, l'école publique continue vaille que vaille à fonctionner, elle continue son chemin grâce au labeur quotidien de milliers d'enseignants qui tentent de garder la tête froide et persistent à faire leur travail.
Cette stabilité effective bien que fragile ne date pas de quelques années. On peut facilement dater le franc début de nos ennuis: à mon idée, nos problèmes datent de l'arrivée en 1997 de Ségolène Royal à la tête de l' "Enseignement scolaire". Prise d'une frénésie de réglementation, obsédée par les problèmes sociétaux qu&#…

Voilà un jour faste ! (modifié le 06/02)

Décidément, c'est le jour! Après les élucubrations du billet précédent, voilà que je tombe sur cet article des Echos, et là je me suis fait mal! Après le gel depuis quatre ans de notre point d'indice, après l'augmentation des prélèvements obligatoires qui grèvent un peu plus notre budget, voilà que notre propre ministre veut "geler" les promotions qui restent le dernier espoir pour chacun d'entre nous de voir progresser un peu son pouvoir d'achat, "afin de financer des baisses de charges et d’impôts programmées pour les entreprises"... Alors même qu'il y a seulement une semaine l'UNESCO affirmait dans son rapport mondial que "les niveaux de salaire des ensei­gnants pèsent sur la qua­lité de l'éducation", sou­li­gnant que, dans 39 pays, aug­men­ter les salaires des ensei­gnants de 15% a conduit a une hausse de 6 à 8% des per­for­mances des élèves.
J'ai comme l'impression que Monsieur notre ministre ne sait pas lire.…

Fotinos m'exaspère!

Georges Fotinos, chercheur associé à l'Observatoire international de la violence à l'école, a réussi le tour de force de m'exaspérer dans un récent entretien avec le magazine L'Express. Suite à une enquête auprès de 3580 directeurs d'école, réalisée en 2013 avec des chercheurs de l'université de Lyon 1, M. Fotinos découvre une fois de plus que "la situation est préoccupante : 67% des directeurs d'école que vous avons interrogés ont eu des différends avec des parents au cours de l'année écoulée. (...) 23% des directeurs affirment avoir été insulté par les parents."
Il est très bien que quelqu'un fasse ce genre de recherche, même si depuis des années la sortie annuelle des rapports de ce type ne change pas grand chose. Ne change rien, en fait, comme je l'écrivais dans mon précédent billet. Soit.
Mais que M. Fotinos ne trouve comme solution au problème des rapports familles/directeurs que "il faudrait aussi créer un véritable statut…

Il y a un an...

Il y a un an, presque jour pour jour, j'écrivais sur ce blog deux articles, l'un pour dénoncer le centralisme outrancier et le parisianisme de l’Éducation nationale, l'autre pour exprimer ma déprime face à une manifestation contre le changement des rythmes scolaires.
En un an, rien n'a changé. RIEN. Le ministère veut toujours depuis Paris imposer une façon de voir les choses inspirées par quelques lobbys puissants dans la capitale dont le reste du pays en grande partie ne veut pas, et flanque dans la rue des gens qui tiennent à conserver intactes leurs convictions et leurs prérogatives de parents. Ce qui me rappelle d'ailleurs curieusement 1984, quand des causes similaires avaient fait tomber le gouvernement Mauroy.
Sur le terrain, peut-être y a-t-il tout de même eu quelques changements? Non. Rien n'a changé non plus, RIEN. Nous avons eu des promesses, qui n'engagent comme chacun sait que ceux qui y croient, et qui tardent évidemment à se concrétiser. Ah s…

J'ai bien peur que...

Dans un article de ce matin, le magazine L'Express -en général bien informé- estime Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, sur le départ. Il faut dire que M. Peillon lui-même avait bien pris les devants en annonçant sa candidature aux élections européennes. Il faut dire aussi que jusqu'à présent sa "refondation" n'est, pour reprendre les termes de L'Express, qu'un immense gâchis. C'était évidemment prévisible, je l'avais prévu, et nous ne voyons comme de juste pour l'instant qu'un vague replâtrage qui laisse des trous béants.
Je ne reviendrai pas sur le handicap certain que fut l'annonce par le Président de la République de ces fameux soixante-mille postes à visée électoraliste. Mais je reste sidéré par l'impuissance ministérielle à bousculer un tant soit peu une administration pléthorique qui tient arc-boutée les rênes du système, ou à passer outre les pesanteurs syndicales. Manque de courage politique? Incompétence?…

Que la force soit avec le GDiD !

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Pffff...

J'écrivais un énorme billet sur les évènements du moment, quand j'en ai eu subitement marre. Finalement, je préfère vous épargner mes diatribes contre un Vincent Peillon qui mobilise des directeurs d'école qui n'ont pas que ça à faire pour lutter contre un feu qu'il a lui-même allumé, ou un Manuel Valls qui s'excite tout seul en se croyant acculé dans un coin par la "Cagoule"... Ces gens-là ne méritent pas qu'on leur explique une vérité qu'ils sont bien incapables de comprendre, à savoir qu'ils manipulent honteusement l'opinion tout en outrageant les libertés individuelles. Ils veulent imposer leurs obsessions bien-pensantes et nier le droit d'autrui à disposer de sa pensée à sa guise, ou le droit inaliénable des familles d'élever leurs enfants comme ils l'entendent. Et ils s'étonnent de réactions outrageuses et de manifestations diverses, alors qu'ils bafouent eux-mêmes la liberté de conscience d'autrui au nom…