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Affichage des articles du septembre, 2014

Même en courant, je n'aurai pas le temps...

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J'ai l'impression de courir après un temps qui fuit plus vite que j'avance, en ce moment. Ce n'est pas possible, on a dû m'en voler, quelqu'un me pique des minutes chaque heure qui passe.
J'avais mal aux pieds vendredi soir. A force de courir -littéralement- entre ma classe et mon bureau, histoire de caser un bout de mission de direction entre deux bouts de mission d'enseignement. Heureusement je dors mieux depuis quelques nuits, et mes réveils sont moins pénibles. Ce qui ne m'a pas empêché ce matin dimanche de me réveiller après ce que j'appelle un "cauchemar d'école", dans lequel je me reproche de ne plus faire aujourd'hui pour mes élèves quelque chose que j'avais le temps de faire il y a quelques années... Est-ce de la conscience professionnelle? Plutôt un effet du stress. Mais l'emprise de mes deux missions conjuguées est une réalité, et l'inflation des responsabilités depuis quinze ans en est une aussi. Le tou…

Excédé !

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Je n'ai jamais été autant excédé qu'en cette rentrée après seulement trois semaines d'école. L'ambiance générale est détestable, rien n'a changé dans les injonctions et exigences institutionnelles pour le directeur d'école que je suis, et tout le monde s'excite pour des clopinettes ou avec des objectifs inavouables.
Les syndicats d'enseignants s'agitent en permanence, submergeant quotidiennement ma boîte de courriel officielle d'enquêtes superfétatoires -comme si on ne connaissait pas l'état moral des enseignants!- et de bulletins de victoire pour les clampineries les plus absurdes. Si je ne savais pas que les élections professionnelles approchent, je pourrais m'en douter. En attendant, j'ai autre chose à faire que lire ou relayer les quinze courriels quotidiens qui m'assaillent et noient l'important. Ouste, MAJ+SUPPR.
Mon administration me demande pour la semaine prochaine un tableau récapitulatif des diverses réunions offi…

Plumé, farci, enfourné...

J'ai un peu l'impression de m'être fait allègrement plumer puis farcir, et de me laisser enfourner sans protester. C'est curieux tout de même, cette sensation d'être un parfait couillon.
Mme la Ministre prend le café avec des parents d'élèves, pendant que je me tape le boulot. J'aurais bien aimé prendre le café aussi, mais il faut croire que les directeurs d'école puent de la gueule, surtout ceux de province. Mauvais présage, qui me rappelle le ci-devant Giscard prenant son petit-déjeuner avec des éboueurs. On est dans la politique de haut niveau, là, qui empeste sa fin de règne à plein nez. Ou le vote de confiance, allez savoir.
Pendant ce temps je me décarcasse avec une rentrée difficile -une rentrée de merde, soyons clair!- lors de laquelle une fois de plus (car rien n'a changé) tous les glandeurs professionnels appointés par le ministère pour ne rien foutre se rappellent à mon  bon souvenir après deux mois de farniente pour me réclamer à raison…

Trois citations...

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Trois citations extraites des "Regards sur l’Éducation 2014" de l'OCDE, publiés le 9 septembre dernier...
Page 484:
Entre 2000 et 2012, le salaire des enseignants a globalement augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles. La France, la Grèce et le Japon font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué d’environ 10 % en valeur réelle durant cette période.
Page 488:
En France, l’écart de salaire réel moyen entre le préprimaire et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire est de près de 30 %, tandis que l’écart de salaire statutaire entre ces deux niveaux d’enseignement n’est que de 10 %.
Page 500:
En France, en Grèce, en Indonésie, en Israël, en République tchèque et en Turquie, les enseignants donnent au moins 30 % d’heures de cours de plus par an dans l’enseignement primaire que dans le premier cycle de l’enseignement secondaire.
C'est rigolo, mais on parle jamais des salaires de l'encadrement. Quel es…

Pour que rien ne change ?

Les trois-quarts des écoles de ce pays viennent de passer aux "nouveaux" rythmes scolaires. Je suis dans le tas. Ne nous leurrons pas, ça coince.
Moi j'en tiens pour travailler le mercredi matin, je l'ai déjà écrit ici, je réclame ça depuis mes débuts dans le métier il y a trente-cinq ans. Et après deux semaines d'essai cela me convient pleinement, surtout que les journées de travail scolaire de mes élèves ont été raccourcies. Pas les miennes, je suis dirlo, donc sur le pont de toute façon. Et j'écris bien pour mes élèves les heures "scolaires", parce que le reste...
Dans ma commune, les NAP sont assez sympas pour mes gamins de maternelle: pas mal de sport ou assimilé, des activités calmes. Mais ça reste de la collectivité, même en petits groupes, et des activités dirigées donc forcément contraignantes. C'est un rythme à prendre, c'est bien encadré, les enfants ne se plaignent pas. Nous verrons plus tard pour la fatigue. En tout cas le jeud…

Un petit pas de plus...

Je dois avoir des capacités de résilience peu ordinaires, ou alors c'est afférent à la mission du directeur d'école -comme un cal dans les mains pour un travailleur manuel-, mais j'oublie chaque année une fois faite à quel point la rentrée des classes peut réclamer énergie et temps! Pour diverses raisons inhérentes à mon école elle n'est pas cette année encore "bouclée", mais les choses avancent bien. Et puis je fort bien aidé, par une IEN et son équipe attentives, une mairie aux aguets et disponible, des ATSEM et des services périscolaires compétents, une collègue qui prend de nombreuses choses en main... Bref tout va bien malgré quelques péripéties attendues ou non. Et puis, je sais faire, après tant d'années...
J'ai aussi d'autres raisons de me réjouir. Après l'arrêté du 22 juillet sur les indemnités de sujétions spéciales pour les directeurs d'école, c'est la circulaire 2014-115 qui est parue au BO il y a quelques jours, et qui pr…