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Affichage des articles du février, 2015

Du préservatif à la fourchette...

Vous trouvez les programmes du primaire trop lourds? Vous les pensez infaisables dans les délais impartis, surtout lorsque la moitié de votre classe est en difficulté voire en échec? Vous aimeriez qu'on commence par en enlever toutes les scories qui nous tombent dessus parce que les familles ou la société dans son ensemble ne font plus leur boulot? Vous en avez marre d'être à la fois enseignant, gendarme, assistante sociale et parent d'élève putatif, voire même curé?
Ben c'est mal barré mes amours, et vous allez pouvoir vous arracher un peu plus les cheveux. Jusqu'ici vous appreniez à vos élèves à traverser la rue ou à faire du vélo, vous leur donniez des cours d'éducation sexuelle et leur appreniez ce qu'est un préservatif, vous deviez leur apporter des rudiments de citoyenneté et de morale, vous aviez à faire régner l'ordre ne serait-ce que pour votre santé mentale, accessoirement vous pouviez enseigner quelques compétences et connaissances... On vou…

Questions pour un ...

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- Et nous voici prêts pour une nouvelle émission avec notre nouveau candidat. Vous vous appelez ? - Pierre. - Quel est votre métier, Pierre ? - Je suis directeur d'école. (quelques applaudissements dans la salle, sifflets) - Quel beau métier ! Êtes-vous prêt à répondre, cher ami ? - Ben ouais... - Alors, première question ! Je fais deux métiers à plein temps en même temps, dans le même lieu, au même instant... Je suis, je suis ? - Euh... directeur d'école ? - Ouiiiii ! Bravo ! (applaudissements dans le public)
- Deuxième question. Vous êtes prêt ? - Allons-y. - Je travaille sur mon lieu de travail, je travaille chez moi, je travaille aussi bien à 7h du matin qu'à 9h le soir, je travaille le dimanche, je travaille pendant les vacances, et quand je ne travaille pas je pense à mon travail... Je suis, je suis ? - Houla, dur... euh... directeur d'école ? - Ouiii ! Encore bravo ! (applaudissements nourris)

- Vous êtes prêt pour la troisième question ? - Je suis là pour ça. …

Où cela s'arrêtera-t-il ?

Une collègue directrice a été violemment agressée à Paris. Quel que soit le motif de l'agression, crapuleux peut-être ou non, c'est bien dans le cadre de sa mission que l'agresseur a connu  sa victime, puisqu'il était parent d'élève de l'école qu'elle dirige. De quelque côté que l'on veuille triturer les faits, cela a donc bien à voir avec l'école.
Après le meurtre sauvage d'une collègue de maternelle l'année dernière la veille des vacances d'été, combien d'insultes et de coups ont reçu cette année les enseignants en général, et les directeurs d'école en particulier? Vous ne trouverez certainement pas de compte précis ni de statistique fiable, le ministère de l’Éducation nationale préférant une omerta mortifère à un affrontement cruel des réalités.
Il en est de même pour les suicides. En règle générale il est impossible en France de connaître le nombre réel de ceux qui sont passés à l'acte. C'est encore pire si on cherch…

Agonie...

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Est-ce que je me suis trompé? Cette question, je me la pose quotidiennement, pour chaque activité que je propose à mes élèves; je crois sincèrement que dans ma pratique de classe c'est une étape indispensable que je dois aux enfants dont j'ai la charge. Je ne veux qu'une chose, leur réussite, sans non plus les laisser en déshérence. Bien entendu, après toutes ces années, il est rare que je me réponde positivement, mais... oui, cela m'arrive encore, d'avoir "tapé trop haut".

Pour ce qui concerne les opinions que j'exprime sur ce blog, parfois aussi je me pose la question de leur pertinence. Je ne crois pas jusqu'à présent m'être vraiment fourvoyé. Mais il est vrai que nombre de mes billets restent forcément subjectifs, et ne peuvent être confirmés ou infirmés qu'après quelques mois ou quelques années. Ainsi en est-il de la règle du jeu. Ce qui ne m'interdit pas de veiller à une certaine honnêteté intellectuelle: si sur un blog comme le…

Et vive la pensée magique!

Je n'aurais jamais imaginé que l’École puisse être un jour considérée comme l'ultime refuge de la démocratie. Depuis les attentats de début janvier je n'entends parler que d'école, d'instruction civique, d'intégration par la langage... Incroyable!
Moi qui ne milite depuis des années que pour qu'on nous foute la paix, voilà que toute la France soudain s'intéresse à mon boulot, gouvernants en tête. Clairement l’État et la Nation sont dans une telle déliquescence, une telle perte de repères, une telle incapacité à agir, que l'unique asile disponible est l’Éducation nationale. Cet organe hypertrophié devient aujourd'hui l'alpha et l'omega de la sauvegarde du pays et de ses valeurs.
Je l'écrivais dans un précédent billet, cela a un côté rassurant: finalement la phénoménale capacité du milieu enseignant à freiner des quatre fers lorsqu'on veut lui imposer un truc rassérène aujourd'hui tout le monde. Nous ne bougeons que peu, voilà…

Faute collective...

Trois semaines...

Il m'aura fallu trois semaines pour sortir un peu la tête de l'eau, après l'abomination que nous avons connue début janvier. Aurais-je pu imaginer que dans mon pays un tel évènement puisse avoir lieu? Certainement pas, je n'y aurais pas cru. Qu'il soit possible en 2015, au cœur de la France, de froidement assassiner au nom d'Allah ou de son prophète, me sidère.

J'ai connu une enfance et une adolescence heureuses. Si pour mes parents la vie n'était pas simple, j'ai moi-même traversé les années 60 et 70 avec une grande tranquillité d'esprit. Il faut expliquer qu'à l'époque l'ascenseur social n'était pas une plaisanterie, il fonctionnait réellement, et mes propres grands-parents en avaient profité à plein; mes deux grand-pères fils de paysans étaient devenus l'un ingénieur -toutes ses nuits à bachoter après une journée de travail de dix heures-, l'autre préparateur en pharmacie. Leurs fille et fils faisaie…