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Affichage des articles du mars, 2015

Salmigondis matinal...

Il est 8h30, les portes s'ouvrent. M. Boncouillon, directeur de la petite école maternelle de Maizy-Bienprofond, accueille ses élèves à la porte de sa classe.
(Bruits divers: enfants qui se déshabillent en rigolant, un bébé qui pleure, parents qui discutent... Le niveau sonore est assez élevé.)
- Bonjour Élise, tu as une bien jolie robe ce matin! - Bonjour maître. T'as vu maître, elle tourne! (La petite fille fait un tour sur elle-même.) - Monsieur Boncouillon? - Tout à fait, bonjour Madame. Va Élise, rentre en classe. (La petite fille continue à faire des tours sur elle-même et épate les copines qui commencent à l'entourer.) - Bonjour Monsieur. Voilà, je viens... - Élise, rentre! Tu gênes le passage! Pardon Madame, je vous écoute. - Oui. Alors je suis venue ce matin... - Sigmund, qu'est-ce que tu tiens dans la main? Montre-moi ça. Pardon Madame. (Sigmund qui tentait maladroitement d'entrer en classe en tenant un objet caché ouvre la main d'un air penaud.) - Q…

Douleurs, épreuves et amertume...

Deux faits divers se télescopent dans ma tête en ce moment: un avion qui s'écrase en Haute-Provence suite à ce qui semble bien être un acte meurtrier volontaire, et un directeur d'école qui profitait de son autorité pour violer ses élèves. Deux crimes, différents mais horribles, deux individus dont les barrières morales ont volé en éclats. De vol à viol, il suffit d'une lettre peut-être pour que ces deux cauchemars s'entremêlent dans mon esprit.
Dans le cas du vol Germanwings, le système a failli. Les pilotes, et particulièrement les pilotes de ligne, font l'objet d'une surveillance médicale attentive qui vise à justement éviter que des personnes malades, physiquement ou mentalement, puissent mettre en danger la vie d'autrui. Une suite de loupés, d'inattentions, une défaillance dans la procédure expliquent peut-être ce qui s'est passé. Et peut-être aussi pouvons-nous respirer mieux quand on pense que le co-pilote n'a pas écrasé son appareil sur…

Le soleil a rendez-vous avec la lune...

La tragi-comédie que nous venons de vivre avec l'éclipse de soleil de jeudi dernier est symptomatique de la totale déliquescence de l’Éducation nationale.
L'astronomie est une science connue, étudiée, pratiquée au moins depuis l'âge du bronze autant par les scientifiques que par des millions d'amateurs. Ce qui signifie que cette éclipse pour nous partielle n'était pas une surprise, mais devait être prévue depuis... quoi, des décennies? Des siècles? Il faut être la merveilleuse institution qui nous dirige pour la découvrir une semaine avant. Aristarque a dû se retourner dans sa tombe.
Nous avons donc subi, car c'est bien de cela qu'il s'agit, une suite d'injonctions contradictoires frôlant le ridicule. De rappels ou recommandations de prudence parfaitement compréhensibles, certaines académies ont connu ensuite une avalanche d'obligations obscurantistes dignes d'une irrationnelle inquisition pour ce qui n'est qu'un phénomène naturel e…

Sens dessus-dessous...

Je suis au bord de la dépression nerveuse. Ce n'est pas une image: je dors très mal, je prends mal de nombreux faits ou paroles, et surtout je me sens mal. Si cela vous est déjà arrivé, vous comprenez de quoi je parle, et vous savez combien cet état est désagréable.
Je ne nie pas dans ma méforme l'importance de la dépression saisonnière. L'arrivée du printemps -comme tout changement de saison- n'est pas une transition facile, et les quinze jours de vacances s'ils en ont atténué l'effet ne l'ont pas pour autant fait disparaître. Mais jamais jusqu'à cette année je ne m'étais senti à ce point sens dessus-dessous.
Comment cela se traduit-il? Je me sens nul dans mon travail. Nullissime. Incompétent. Dépassé. Rien de ce que je fais, avec mes élèves comme dans ma mission de directeur d'école, ne trouve grâce à mes yeux. J'ai l'impression de ne pas faire autant que ce que je pourrais. J'ai l'impression de "taper à côté". J'…

Mission: impossible !

Bonjour M. Phelps.
Votre mission, si vous l'acceptez, consistera à devenir directeur d'école. Pour cela vous bénéficierez d'une équipe que vous ne choisirez pas -c'est comme ça-. Vos contacts quotidiens se feront donc de façon aléatoire selon votre lieu d'affectation avec des personnels agréables, souriants, impliqués et motivés, ou avec des personnes perturbées, dépressives, réfractaires ou agressives.
Vous serez nommé dans une école de votre choix, à condition qu'un poste soit disponible. Les ordres de votre supérieur hiérarchique, que vous ne verrez jamais, seront relayés par une personne appelée IEN dont vous découvrirez au cours du temps les lubies ou les fantaisies ni toujours subtiles ni toujours appropriées. Vous aurez parfois à en subir des colères qui vous paraitront étranges ou cyclothymiques. Vous serez parfois amené à ignorer des ordres ou injonctions allant bien au delà des textes législatifs en vigueur ou les interprétant de façon outrancière. V…

Mais y'en a marre !

Il ne se passe pas une semaine sans que l' École se retrouve dans les gros titres des médias. D'aucuns pourraient penser que c'est une bonne chose. Moi j'estime que ce ne sont que de fort mauvais signaux.
Quand ce n'est pas l'égalité filles-garçons -où on nous dit que les filles sont maltraitées quand ce ne sont pas les garçons qui sont à la traîne-, c'est le port du voile islamique -portera? Portera pas?-, la Cour des Comptes qui nous explique combien le système fonctionne mal ou pas -la faute à qui? Je n'ai pas inventé ces conneries d'AP ou d'APC, moi-, les vacances scolaires qui font du yoyo, la date de la rentrée -août, septembre, août, septembre...- qui doit être la même pour tout le monde et on se demande bien pourquoi, l'éventuel pont de l'ascension, la répartition des moyens budgétaires dans l’Éducation nationale entre Primaire délaissé et Lycée dépensier, la "valeur éducative" de la fessée ou pas pour nos pauvres peti…

La peur au ventre...

Le 4 juillet de l'année dernière, la veille des vacances d'été, une jeune collègue d'Albi avait été poignardée à mort par une mère d'élève. Sans raison. Il y a quelques jours, dans cette même école, un père d'élève avait proféré des menaces de mort lors d'un entretien avec la directrice. Il a été mercredi jugé en comparution immédiate et condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis, avec une mise à l’épreuve de deux ans et une obligation de soin. Il lui est également interdit de s’approcher de toute école, de détenir une arme, et devra verser un euro de dommage et intérêt à la directrice menacée. D'après un syndicat local, l'homme en question serait d'autre part l'objet d'un « signalement pour violences intrafamiliales ».
Le tribunal n’a pas délivré de mandat de dépôt, l’homme est donc reparti libre. Techniquement, cela signifie que c'est le Juge d'Application des Peines qui décidera prochainement des aménagements éventuels…