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Affichage des articles du mai, 2015

Tirez sur la laisse !

L'arrivée du mois de juin est aussi l'arrivée des désillusions. Alors que depuis un an vous dirigez votre école d'une main de fer dans un gant de velours, voilà que tout semble partir en couille.
Vous aviez prévu une sortie de fin d'année avec vos élèves, une classe verte ou autre; vous avez avec conscience rempli un dossier de soixante-douze pages recto/verso décrivant par le menu, seconde par seconde, ce que vos disciples vont faire -la douche à 18h52 pendant huit minutes surveillée par un parent auquel consciencieusement vous avez réclamé un extrait de casier judiciaire, repas au cordeau avec le mardi soir coquillettes et escalopes de dinde, ramassage de coquillage le mercredi matin encadré par un pêcheur du coin breveté d'état (photocopie du brevet incluse)...-; voilà que votre administration se comporte au dernier moment avec vous comme une belle-mère pénible, et vous prévient deux jours avant le départ que la confection de cerfs-volants en paille de riz du m…

Je vous ai beaucoup aimés...

C'est un moment de pause, entre deux activités... Les enfants jouent tranquillement pendant que je prépare des ateliers de fin de matinée. Je suis assis à découper des illustrations qui nous seront nécessaires, et je suis toujours dans ces instants-là accompagné d'un ou deux enfants qui veulent profiter de ce moment de calme pour discuter. Élise est assise à côté de moi, c'est une petite fille sage et travailleuse, souriante, une de ces élèves dont on souhaiterait qu'elles se multiplient à l'infini tant elles sont agréables à accompagner dans leur vie d'élève.
- Maître... - Oui Élise? - Moi mon papa il est cuisinier. - Oui. - Ma maman elle vend des médicaments. Elle est pharmacie. - On dit pharmacienne. - Oui c'est ça. Elle est pharmacienne. C'est son métier. - Tout à fait. - Toi ton métier c'est maître d'école? - Oui Élise. On dit professeur des écoles. - Tu donnes du travail aux enfants. - C'est ça. J'essaye de vous apprendre plein de…

Dura lex sed lex...

Juste un petit mot quant à mon dernier billet... Je vous préviens je vais être vulgaire.
Je dénonce dans ce billet -une fois de plus (once more, pour les anglicistes, ou iterum, pour les latinistes qui se croient persécutés ces derniers temps par le projet des nouveaux programmes du collège, ou encore wieder pour les germanistes qui jouent aussi aux victimes)- l'illusion mortifère de la direction collégiale, ou du "Conseil des maîtres décisionnaire", vieille lune gaucho qui tient autant debout qu'un cul-de-jatte (et je m'excuse d'avance auprès des personnes concernées qui pourraient me lire, tant on ne peut plus rien écrire dans notre époque de merde).
Être directrice ou directeur d'école, c'est prendre en permanence un certain nombre de décisions. Si une organisation peut être collégiale, ce que je souhaite mais je ne vis pas moi chez Oui-oui ou dans le meilleur des mondes mais avec des gens qui n'ont aucune idée de mon boulot, une décision ne p…

De nouveaux mots et quelques vieilles lunes...

Ainsi donc le SNUipp nous gratifie ce mois-ci d'un somptueux document de huit pages consacré à la "direction d'école", passé inaperçu au sein de la cacophonie consacrée aux projets de programmes du collège. Si le dossier en lui-même ne comporte pas vraiment de nouveauté, en revanche le ton en semble apaisé, et le vocabulaire utilisé plus réaliste.
En effet j'ai eu la surprise dans l'éditorial d'y trouver les mots "directrice" et "directeur" d'école. Exit donc en partie la fameuse "direction d'école", le syndicat parait s'intéresser désormais aux personnes qui remplissent cette mission. S'agirait-il d'un aggiornamento tardif? Que nenni hélas, car ce sont aussi quelques vieilles lunes syndicales qui veillent sur notre mission.
Épluchons ce document dans l'ordre qu'il nous propose.
Tout d'abord le syndicat d'élève contre la multiplication des "postes à profil", estimant que pour êtr…

Individualiser...

La réforme des programmes du collège, pourtant minime, agite beaucoup le microcosme intellectuel français en ce moment. Et pas que lui, tant il est vrai que la France compte 66 millions de spécialistes en éducation, comme le rappelle Philippe Watrelot dans son dernier bloc-notes. Mais le nombre des agitateurs -car il ne s'agit que de ça- qui profitent de la réformette pour se montrer est étonnant. On nous a même sorti Régis Debray de la naphtaline! Ils sont nombreux à raconter n'importe quoi, qui colportent les rumeurs les plus idiotes ou des mensonges éhontés, montrant ainsi surtout qu'ils n'ont pas lu le projet des nouveaux programmes. Car ce n'est qu'un projet, ce qu'a beau jeu de rappeler Michel Lussault dans "Les échos" en expliquant que ce projet est amendable et que la formulation doit en être améliorée. Bref, on sent derrière ce dénigrement systématisé qui fleure bon les fameux "éléments de langage" célébrés par certain gouverne…