Articles

Affichage des articles du novembre, 2015

Comme un chien dans une course...

Vous avez déjà vu des images d'une course de lévriers? Ils courent - très vite - derrière un lièvre factice lancé sur un rail. J'ai chaque année l'impression d'être un de ces chiens, à courir derrière un lièvre que je n'arrive pas à rattraper.
Il faudra un jour qu'un de mes supérieurs hiérarchiques m'explique comment on peut raisonnablement avoir une classe de Grande section à plein temps et être en même temps directeur d'école. J'ai cette année vingt-six élèves auxquels je me dois, car je m'impose de leur donner ce dont ils ont soif: attention, sécurité, curiosité, apprentissages et compétences, plaisir, joie... Cela implique pour moi d'être avec eux en permanence, surtout que ces vingt-six enfants sont assez turbulents, pour ne pas dire difficiles, même s'ils savent travailler avec une grande concentration. Ajoutez à cela une fillette invalide, une autre en hôpital de jour... Bref, c'est une attention de tous les instants que je d…

Boule au cœur, sensation étrange...

Image
Boule au cœur, sensation étrange... Une impression que tout se mélange, comme en faisant le saut de l'ange: on vole et on tombe à la fois.
Ce sont ces paroles d'une chanson ancienne de Catherine Lara qui me viennent à l'esprit lorsque je repense à la semaine qui vient de passer. Une semaine étrange, où il fallait survoler ses émotions pour fonctionner correctement, tenter de surmonter des douleurs qui s'étaient estompées depuis janvier dernier, continuer à vivre dans un état second, une sorte de dématérialisation, une séparation du corps et de l'esprit pour continuer à vivre presque normalement: travailler, manger, dormir, faire des courses, faire du ménage, discuter et rire avec mon épouse, mes collègues, les amis, s'occuper à ces petits riens et ces petits tracas qui parsèment notre vie quotidienne...
Ce fut difficile. Ce fut épuisant. Je me suis rarement senti aussi fatigué, l'esprit épuisé par le traumatisme de ces évènements incongrus et insupportables, l…

Comment expliquer l'inexplicable ?

Serons-nous interpellés par nos élèves lundi? Pourrions-nous croire que les conversations de cour de récré ne tourneront pas autour des évènements qui dans la nuit de vendredi à samedi ont une fois de plus secoué notre vieux pays? Nous entendrons des opinions toutes faites, des résumés haineux, colportages de propos des familles en colère. C'est compréhensible, c'est humain, l'émotion est telle, la douleur si intense... Je suis en colère aussi, parce que le temps n'est plus à la peine.
Il nous faudra expliquer, commenter, dans le calme, avec raison. Il nous faudra tenter de faire comprendre que nous Français payons très cher le prix de notre attachement à la tolérance et à la laïcité. Il nous faudra tenter d'expliquer que les extrémistes n'aiment pas les femmes et les hommes qui veulent rester libres de leurs opinions ou de leur éventuelle Foi. Il nous faudra tenter d'expliquer l'inexplicable, soit comment des êtres humains nés dans une nation fière et…

Armelle harcèle Marcel...

J'ai suivi avec un certain amusement la polémique qui anime depuis deux semaines le microcosme médiatique parisien au sujet de la vidéo ridicule de Mélissa Theuriau quant au harcèlement qu'elle entendait dénoncer.
Si j'écris "ridicule", d'emblée vous comprenez ce que je pense de ce "clip" inutile et cher. Ce petit film est si caricatural qu'il s'enfoncera de lui-même dans les oubliettes sans qu'il soit nécessaire de l'y pousser. Mais mon propos n'est pas là.
La vidéo ayant été activement dénoncée aussi bien par les syndicats que par la plupart des enseignants sur les "réseaux sociaux", la seule ligne de défense choisie aussi bien par son auteur que par les journalistes a été de dire que si les enseignants en dénonçaient la caricature c'était parce qu'ils niaient l'existence du harcèlement dans le cadre scolaire.
Nous observons typiquement là un niveau de réflexion digne d'une cour de récréation. Tu n…